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Le temps n’efface rien, Stephen Orr

Présentation de l’éditeur

Quand des enfants disparaissent, qu’advient-il de ceux qui restent ?
A neuf ans, Henry est un garçon solitaire ; son pied bot l’empêche de partager les jeux des enfants de son âge. Cet été-là, comme à son habitude, il reste dans sa chambre, lit beaucoup et ne fréquente que sa jeune voisine, Janice. Le jour de la fête nationale, elle lui propose de l’accompagner à la plage avec son frère et sa sœur. Henry, complexé, refuse. Les quatre enfants ne se reverront jamais. Un roman qui parle d’amitié, d’amour et de la difficulté de continuer à vivre après un drame. Inspiré d’un fait divers jamais résolu qui continue de hanter toute une population, Le Temps n’efface rien dresse un portrait doux-amer de l’Australie des années 1960.

L’auteur

Stephen Orr est un professeur, critique littéraire, chroniqueur et écrivain australien.

Le temps n’efface rien n’est pas son premier roman puisqu’il a également écrit trois autres livres, qui ne sont toujours pas traduit en France.

Le livre

Editions Presses de la cité – Paru le 16/08/2012.

Broché – 592 pages.

Mon avis

Un roman qui traite d’un fait réel, présenté par l’éditeur comme: « romance la tragique disparition des enfants Beaumont ». Nous sommes donc dans un récit qui qui mêle fait divers et fiction.

Ce livre est découpée en deux parties: l’avant et l’après disparition. Les deux parties sont racontée par Henry, un garçonnet de neuf ans, que le handicap l’isole, mais qui se lie d’amitié avec  ses voisins, qu’il connait depuis toujours et surtout de Janice, l’ainée de la famille Riley.

Dans la première partie, nous suivons l’avant, quelques jours avant la disparition des enfants, durant leurs vacances d’été. Henry nous peint sa vie, son quartier, ses voisins et pas seulement les Riley. Les descriptions dans ce livre sont à la fois visuelles et olfactives. On a l’impression de ressentir exactement ce que ressent, Henry, d’être vraiment à sa place.

Henry est un enfant vraiment extraordinaire, c’est un petit garçon vraiment très mûr pour son âge, qui comprend facilement le monde dans lequel il vit. On s’attache très vite à lui, tout comme l’ensemble des habitants de son quartier, de son monde à lui dans l’Australie des années 60. On découvre les liens qu’il entretient avec tous les habitants de son quartier. Les liens qu’il possède avec la famille Riley, une seconde famille pour lui, de vrais amis que se soit Janice ou Anna et Gavin. On découvre leurs jeux, leurs questions… bref leur quotidien d’enfants durant les grandes vacances. Mais aussi bien avant, car Henry nous raconte également des petits souvenirs. J’ai beaucoup aimé la relation qu’il entretien avec son père, qu’il considère comme son héros : son papa policier qui résout tous les problèmes. Ainsi qu’avec sa mère, qu’il a du mal à comprendre, malgré qu’elle soit comme lui et qu’il observe petit à petit son changement, sa défaillance.

Durant cette partie, Henry nous raconte également la vie des Riley et on ne peut que s’attacher à ces trois enfants pleins de vie. Notamment Janice, qui est une petite fille très intelligente, qui adore lire et souhaite devenir écrivaine, une petite pleine de de jugeote qui n’a pas froid aux yeux.

Dans la seconde partie, l’après, on suit toujours les habitants du quartier, les parents de Henry et les Riley. On observe le déroulement de l’enquête à travers les yeux de Henry, mais aussi ce qu’il s’imagine être lorsqu’il n’est pas là : les scènes que son père lui racontera pas la suite. On essaye de comprendre qui a pu enlever les enfants et pourquoi. On ressent les émotions de chacun, comme si c’était nous qui étions à leur place. On observe comment les habitants du quartiers réagissent : ceux qui veulent aider mais qui ne savent pas comment faire, et ceux qui continue leur petite vie comme si de rien n’était. On se met à la place des parents, on vit avec eux les reproches que chacun se fait mutuellement et leur douleur. Et surtout, on voit Henry qui essaye de s’en sortir.

C’est vraiment un roman plein d’émotions, qui évite le cliché du pathos. Un roman qui traite d’un sujet très difficile, avec subtilité, un très bon choix de narration. Le plus dur dans ce genre de faits, c’est de ne pas savoir et ne jamais savoir. Car inspiré de faits réels, on n’a jamais su ce qui était arrivé à ces enfants disparus dans les années 60.

En conclusion ma note

Un livre poignant, touchant, écrit de manière subtile avec des personnages très attachants.

Quelques citations

p69:  » Ma mère ressemblait à une matriochka, ces poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres : toutes les versions d’elle-même étaient identiques, à une légère différence près – une expression, un mot, un geste ou un silence. Empilées, enfermées les unes dans les autres, elles surgissaient aux moments les plus inattendus. Une mère cachait l’autre, du matin au soir. Capable de préparer des cookies, le sourire aux lèvres, et de vous houspiller l’instant d’après. »

p261:  » Janice avait dévorait le livre en une semaine. Puis elle était retournée voir le vieil homme et lui avait annoncé qu’elle voulait devenir écrivain. Il avait souri.

- Formidable! C’est grâce à Dickens?

- Oui. Grâce à Dickens.

- Et tu raconteras quoi, dans ton premier livre? »

Elle avait commencé à l’écrire, dans sa tête ou sur des bouts de papier qu’elle mettait dans un vieux classeur rangé dans le tiroir de son bureau. Tout nourrissait son inspiration: le ciel, les chansons qu’elle aimait, les silhouettes qu’elle dessinait dans le sable à la plage du sémaphore, les histoires qu’elle inventait pour Anna et Gavin, les accords que son père plaquait sur les cordes de son ukulélé [...]« 

p305:  » Elle avait besoin d’agir, d’être dans la réalité des choses pour chasser l’idée de son esprit. L’idée qui la hantait du matin au soir depuis des années – l’idée selon laquelle nul ne peut rien changer à rien. On ne peut rien réparer.  Rien mélanger. Rien tamiser ni clouer ni balayer. On est condamné à ressasser les mêmes pensées, encore et encore. Sans pouvoir les modifier. Hormis avec un peu d’engrais, un coup de râteau ou de sécateur de temps en temps. »

Petits plus

Je remercie la librairie Dialogues et les éditions Presses de la cité pour m’avoir permis de découvrir ce roman de la rentrée littéraire.

Les souvenirs, David Foenkinos

Présentation de l’éditeur

« Je voulais dire à mon grand-père que je l’aimais, mais je n’y suis pas parvenu. J’ai si souvent été en retard  sur les mots que j’aurais voulu dire. Je ne pourrai jamais faire marche arrière vers cette tendresse. Sauf peut-être avec l’écrit, maintenant. Je peux le lui dire, là. »

David Foenkinos nous offre ici une méditation sensible sur la vieillesse et les maisons de retraite, la difficulté de comprendre ses parents, l’amour conjugal, le désir de créer et la beauté du hasard, au fil d’une histoire simple racontée avec délicatesse, humour, et un art maîtrisé des formules singulières ou poétiques.

Mon avis

David Foenkinos est un auteur que j’ai souvent croisé sur les blogs mais que je n’avais jamais lu. C’est donc une découverte pour moi et ce fut une très belle découverte. C’est un roman très touchant, dès les premières lignes, les mots nous arrivent droit au cœur et nous transportent, nous font réfléchir, nous rendent triste et parfois nous font rire. Un livre sur la vie, où chacun  pourra à un moment donné, se sentir concerner. J’ai très souvent posé le livre pour réfléchir à certains passages,  bouleversant ou non. Et c’est ce que j’ai aimé dans ce roman, c’est qu’il nous fait réfléchir à des choses de la vie que l’on connait mais qu’on ne prête pas forcement attention.

L’écriture de l’auteur est délicate. Il sait choisir ses mots pour nous procurer une émotion forte. Il ne se retient pas pour nous conter une période de sa vie et un passage m’a vraiment touché car les mots écrits sont vraiment ce que j’ai moi même ressenti il y a peu de temps concernant l’égoïsme de certains parents qui se permettent de juger. Je dois dire que ce passage m’a marqué et qu’il m’a fallu un certain temps pour continuer ma lecture.

L’auteur s’est également beaucoup amusé je pense, à nous écrire entre deux chapitres, des souvenirs des personnes (connues ou non) rencontrées au cours du chapitre qu’on venait d’achever. J’ai beaucoup aimé ces coupures dans l’histoire, qui ne servent pas à la trame du récit, mais qui donne une touche de fantaisie et de vie au livre.

En conclusion, ma note

Un livre touchant, une écriture délicate, un auteur à découvrir. D’ailleurs, il me tarde de lire d’autres livres de cet auteur.

Quelques citations

P16 : « Dans la chambre, face à son corps, une image m’a saisi : la mouche. Une mouche posée sur son visage. C’était donc ça, la mort. Quand les mouches se posent sur nous et qu’on ne peut plus les chasser. C’est cette vision qui m’a été le plus pénible. Son immobilité agressée par cette grosse conne de mouche. Depuis, j’écrase toutes les mouches. On ne peut plus dire de moi : il ne ferait pas de mal à une mouche. Cette mouche-là, j’y ai pensé souvent par la suite, elle ne savait pas où elle avait posé ses pattes de mouche, elle ignorait tout de la vie de mon grand-père, elle s’arrêtait sur le dernier visage de mon grand père, sans même savoir que cet homme avait été un adulte, un adolescent, un nouveau-né . »

P85 : « J’allais apprendre plus tard qu’il ne faut pas chercher pour trouver, tout le monde répète à longueur de temps cet adage absurde, et pourtant il est vrai. J’allais comprendre aussi, et de manière plus surprenante, qu’il en était de même pour le roman. Il ne fallait pas forcément courir après les idées, s’acharner sur des brouillons, c’était au roman de faire le premier pas. Il fallait simplement être dans de bonnes conditions pour le recevoir quand il frapperait à la porte de l’imagination. Les mots avançaient vers moi avec la grâce de leur invisibilité.»

P197 : «  Je comprenais plus que jamais à quel point mes parents étaient égoïstes. Jamais mon  père ne s’était intéressé à la moindre de mes interrogations, jamais il n’avait compati à mes malaises d’adolescence, et voilà qu’il me jugeait. J’avais envie de lui dire que personne n’était responsable de ses parents. »

Petits plus

Ce livre a été lu grâce à Price Minister dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire, et je remercie tout particulièrement Rémi Gonseau.

les matchs de la rentrée littéraire

Livre lu dans le cadre de :

Je t’attendais, Judith Uyterlinde

Présentation de l’éditeur 

Je suis une femme au début de sa vie, qui veut tout : un bel amour, des amis, un travail passionnant. Et un bébé. Mais les choses se compliquent. Je fais une fausse couche. Le doute s’installe. Je tente alors tout et qui est possible. Enfin c’est la fécondation in vitro : une, puis deux, et encore une. En vain. L’homme de ma vie ne réagit pas comme je le voudrais. Autour de moi, personne ne sait comment me parler. Tout me blesse : les landaus, les sourires des femmes enceintes, les paroles maladroites, les silences. Dois-je me résigner ? Ce désir sans fin et douloureux va-t-il diriger ma vie ? Je suis envahie par la rage, le doute, la jalousie. Ma vie me glisse entre les doigts. Jusqu’ au jour où tout bascule. Ce livre est mon histoire, mais c’est aussi celle de milliers de couples qui ne réussissent pas à concevoir un bébé. J’ai voulu vous raconter ce chemin sans rien cacher : Avec humour, parce que c’est ma nature. Avec tendresse, parce que sans amour on ne fait rien.

L’auteur

Judith Uyterlinde est journaliste  et éditrice aux Pays-Bas. Il s’agit de son premier livre, son témoignage.

Mon avis

Une fois commencé, il est très difficile d’arrêter la lecture de ce livre, qui nous prend tout de suite au cœur. Judith est confrontée à la chose la plus horrible que toute femme appréhende : celui de ne pas réussir à avoir d’enfants. A travers ce récit, on va ressentir toutes ses émotions durant les pires années de sa vie. Judith est une femme comme les autres qui va un jour ressentir le « désir d’enfant », et ce désir, ce rêve de la plupart des femmes va vite se transformer en cauchemar.

Ce n’est pas un livre pour s’apitoyer sur son sort, mais un livre pour exposer ce qu’elle a ressenti, pour expliquer pourquoi elle s’est petit à petit, éloigner des êtres les plus chers pour elle. Un livre pour en quelque sorte, faire comprendre aux gens ce que peut ressentir une femme qui traverse ces moments là afin qu’ils ne les abandonnent pas.

A travers ce livre, Judith va expliquer toutes les émotions qu’elle a ressenties : le déni tout d’abord, la déprime, la colère et finalement, l’acceptation après s’être battue toutes ces années.

En conclusion, ma note

Un livre touchant et émouvant, à lire absolument, que l’on soit maman ou non, confrontée ou non, car malheureusement, le thème abordé est fréquent, et que l’on connait tous dans son entourage, une personne confrontée dans ce malheur de ne pouvoir donner la vie.

Quelques citations 

P31 : «  Je n’ai jamais subi d’opération. « Ce n’est pas une opération, ce n’est qu’une petite intervention », me rassure l’infirmière. Je dois mettre une culotte jetable, la chemise de nuit rêche de l’hôpital et un bonnet de douche tout à fait ridicule. « Pour des questions d’hygiène », explique l’infirmière. Je dois également enlever ma bague, mon collier et ma montre. Dans la salle d’opération, je n’ai droit à aucun effet personnel. C’est un avant goût de l’anesthésie : on me fait déjà un peu disparaitre. »

P87 : « Si l’homme, lui aussi, peut douter de ses facultés à procréer, chez lui le problème est d’un autre ordre : il est moins intime. Sa contribution se résume à une simple éjaculation, c’est tout.  Son humeur n’est pas soumise aux variations de ses hormones. Les douleurs menstruelles, les désagréments de la grossesse, la douleur de l’accouchement, tout cela lui est épargné.  Il peut consacrer toute son énergie à d’autres occupations, sociales ou professionnelles, car il n’y a que la maladie qui lui rappelle qu’il est aussi un corps. La femme est l’homme sont égaux devant la maladie. En revanche, la femme souffre de ses règles cinq jours par mois, soixante jours par an, et cela pendant au moins trente ans. Ce qui fait mille huit cents jours au total, c’est-à-dire à peu près cinq ans ! Si elle a eu deux ou trois enfants, il faut compter deux bonnes années de plus. Durant sept ans en moyenne, la femme est soumise à son propre corps. « Mais c’est tellement gratifiant ! » vous affirmeront celles qui savent. »

P134 : « Certains ont subi les pires exactions et sont parvenus, malgré tout, à garder leur dignité. Comparés à eux, mes petits malheurs sont finalement bien insignifiants. J’ai beau savoir tout cela, le cœur n’écoute pas toujours la raison. Parfois, il l’emporte et la raison suit, péniblement. Parfois les deux perdent le nord et se mettent à tourner en rond dans la plus grande confusion ! Comme le linge dans une machine à laver. Mon pauvre moi est meurtri, blessé, recroquevillé. Comment m’en sortir ? Je voudrais flotter au vent, respirer l’air pur, m’enivrer des vastes horizons. »

Petits plus

Actuellement, le livre est en tirage épuisé chez tous les points de vente. Pocket le réédite en format poche, sous un nouveau titre : «Chronique d’un désir d’enfant ». Il sera disponible le 5 janvier 2012.

Hush, Hush, Becca Fitzpatrick

Présentation de l’éditeur:

Vendu plus d’un an avant sa sortie dans plus de vingt pays, Hush, Hush nous entraîne au cœur d’un conflit millénaire : celui des anges déchus contre les Nephilim, qui sont à la fois anges et humains.

Dans la ville brumeuse de Portland, Nora tente de mener une vie ordinaire depuis la mort violente de son père quelques mois plus tôt. Lors d’un cours de biologie, elle fait la connaissance de Patch, qui vient d’arriver en ville. Il est séduisant, mystérieux, toutes les filles en sont folles, mais la vie de Nora est déjà bien trop remplie.
Comment Patch peut-il en savoir autant sur son compte ? Pourquoi se retrouve-t-il toujours sur sa route quand elle cherche à l’éviter. Alors que les deux adolescents se rapprochent, Nora prend peur. Un inconnu masqué attaque sa voiture, sa chambre est fouillée, mise à sac, et quand elle appelle la police, tout est miraculeusement rentré dans l’ordre.

Sans le savoir, Nora est devenu l’objet de la guerre qui agite les anges déchus et les Nephilim. Et en tombant amoureuse de Patch, elle va découvrir que la passion peut être fatale.

Mon avis:

Merci à Caro pour le prêt de ce livre, voici son avis.

C’est l’histoire d’une lycéenne, Nora, qui voit sa vie basculer depuis l’arrivée de deux garçons dans son lycée et dans sa vie : Patch et Elliott. Je ne peux rien dire de plus, sinon je risque de trop en dévoiler. D’ailleurs, durant les 3/4 du roman, on ne sait toujours rien, tout est flou!

Nora est donc une jeune lycéenne qui essaye de surmonter un drame : la mort de son père il y a 1 an. C’est une jeune fille comme toutes les autres, ayant de bone notes et travaillant dur pour obtenir une bourse universitaire. Une jeune fille totalement banale donc. Et c’est ce que je regrette, je ne me suis pas du tout attachée à Nora que j’ai trouvé trop « simple ».

Sa meilleure amie Vee est un peu plus originale et extravagante, mais extrêmement agaçante! Ne pas croire Nora pour les beaux yeux d’un garçon, est-ce vraiment ça une meilleure amie?

Patch est bien sûr le personnage que j’ai préféré, comme la plupart des lecteurs à en croire que les avis que j’ai lu! Rebelle et mystérieux, on a du mal à savoir qui il est vraiment et qu’elles sont ses intentions. J’ai beaucoup aimé ses répliques et je dois dire qu’il ne mâche pas ses mots et va droit au but!

L’histoire en elle-même est intéressante et nouvelle puisqu’il s’agit d’anges déchus. Cependant, je regrette d’avoir du attendre les 3/4 du roman pour avoir enfin des réponses. Mais il faut dire que cette stratégie d’écriture est plutôt efficace car elle permet de lire le roman rapidement vus qu’on désire savoir ce qu’il va se passer!

J’ai donc quand même prit du plaisir à lire cette histoire et j’ai hâte de retrouver Patch dans un second tome!

Livre lu dans le cadre du Summer PAL challenge: 8/33.