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L’héritage des Darcer, tome 1, Marie Caillet

Présentation de l’éditeur

Lorsqu’on s’appelle Mydria, qu’on est la fille unique et chérie des puissants Siartt et qu’on a pour objectif principal d’accéder à un pouvoir plus grand encore en épousant le prince héritier du royaume, la vie ne peut pas être ennuyeuse. Jusqu’au jour où Mydria découvre ses vraies origines. Elle n’est nullement Siartt, mais l’ultime héritière d’une dynastie renversée depuis des générations ! Horreur : à la suite de ses ancêtres, elle est tenue de se lancer à la recherche du trésor familial, recevant pour seules aides un sifflet et le Don d’Aile, cet étrange pouvoir capable de vous métamorphoser à volonté…
Le pire danger ne l’attend peut-être pas derrière l’errance, la bataille et les cloques aux pieds. Le pire danger pour un cœur confiant ne tient peut-être qu’en un seul nom : Orest.

L’auteur


Très jeune auteure, puisque ce premier tome fut écrit à l’âge de 18 ans lorsqu’elle remporta le concours du nouvel auteur jeunesse.
Le second tome de cette trilogie, Allégeance, est paru le 01/12/2011.
Pour le dernier tome, il faudra attendre encore un peu puisqu’il est en court d’écriture, d’ailleurs, pour suivre l’auteur, n’hésitez pas à vous rendre sur son blog : http://mariecaillet.20minutes-blogs.fr/

Le livre

Editions Michel Lafon.
Format broché paru le 14/10/2010 – 370 pages.
Une couverture magnifique, le vert n’est pas vraiment l’une de mes couleurs favorites, mais je dois dire que pour cette couverture, c’est tout à fait ce qu’il convenait, avec ce papillon multicolore.
Et j’ai eu le droit à une jolie dédicace de l’auteure avec un joli papillon qui m’a accompagné durant ma lecture :)

Mon avis

Un petit jour au salon du livre jeunesse de Montreuil est me voilà aussitôt ressortie avec divers livres, donc celui-ci ! Livre qui n’est pas resté bien longtemps dans ma PAL !
J’adore les histoires qui se passent dans les temps moyenâgeux avec des héros qui doivent réaliser une quête, avec un parcours semé d’embuches, bref de la vraie fantasy ! Et ce n’est pas parce que ce livre est orienté jeunesse qu’il ne déroge à la règle, bien au contraire.
J’ai tout aimé dans ce roman : les personnages, l’intrigue, les descriptions… Tout est incroyablement bien écrit. Je suis vraiment bluffée par la plume de cette très jeune auteure et je tire mon chapeau à Marie Caillet. Aucune longueur, aucune description afin d’augmenter le nombre de pages, mais uniquement pour nous faire découvrir l’univers d’Edrillon où évolue les personnages.
Les personnages sont tous attachants bien que très différents les uns des autres. L’auteure a su nous donner une magnifique palette de personnages hauts en couleur et en personnalité. Je dois dire qu’au début, j’ai détesté My, notre héroïne, cette petite « princesse » snob qui ne prétend au trône uniquement par un mariage. Malheureusement pour elle et heureusement pour nous, cela ne va pas se passer comme elle le désir et elle va devoir quitter son petit nid douillet pour se retrouver dans une quête avec les pires brigands d’une guilde.
J’ai beaucoup ri à certains passages, le livre ne manque pas d’humour notamment lors des confrontations entre Orest et My. Et c’est justement ce qu’il m’a plu dans ce roman. On n’est pas du tout dans l’éternelle histoire d’amour entre deux jeunes que tout oppose, bien au contraire ! La relation de ces deux là est loin d’être aussi simple.
Je ne vais pas en dévoiler plus sur ce livre et le périple de My, beaucoup de choses à découvrir, et à apprécier sans hésiter !

En conclusion, ma note


Un livre à lire absolument, une jeune auteure à découvrir et à suivre de très près.

Quelques citations :

J’ai adoré ce passage où Orest essaye d’apprendre à My de combattre :

P224 « Une demi-seconde plus tard, Orest attaquait. Terrorisée, My vit sa large lame se ruer dans sa direction, et eut une réaction tout à fait stupide : au lieu de lever sa rapière pour se défendre, elle ne pensa qu’à la laisser choir pour s’enfuir à toutes jambes, poursuivie par son professeur. […] S’il vous plaît, réveillez le peu de combativité qui stagne en vous !  l’invectiva Orest, sans ironie, mais sans bienveillance non plus. Je vous apprends à vous battre, pas à courir ! »
P306 : « Ses pieds volaient au secours de My de leur propre initiative. Lui-même, en son âme et conscience, ne savait plus bien où il était. Il avait simplement peur. Si My… si cette petite idiote était… A non ! Il l’avait traînée d’un bout à l‘autre d’Edrillon. Elle n’allait pas lui claquer dans les doigts maintenant !
-    My ! beugla-t-il. Répondez, ventredieu !
Rien. Pour une fois, elle se taisait. C’était bien le moment…

Petits plus

Comme dit plus haut, n’hésitez pas à suivre l’actualité de l’auteur à travers son blog, où elle partage également les avis de ses lectures !
Ce livre a été lu avec ma partenaire mais avant tout amie Mélo pour une lecture commune, n’hésitez pas à aller lire son avis !
Livre lu dans le cadre du challenge

4/24

L’invention de Hugo Cabret, Brian Selznick

Présentation de l’éditeur 

Hugo Cabret est un orphelin. Son oncle l’héberge dans les combles de la gare dont il est chargé de régler les horloges. Or, le garçon a une obsession : achever de réparer l’automate sur lequel son père travaillait avant de mourir dans l’incendie du musée où il était employé. Hugo est persuadé que cet automate a un important message à  lui délivrer…

Un fillette amoureuse des livres, un vieux marchand de jouets, hargneux, une clé volée, un dessin mystérieux, un précieux carnet de croquis forment les rouages de cette fascinante énigme.

Brian Selznick, à fois conteur, dessinateur et concepteur de livres, mêle l’illustration, le roman en image et le cinéma pour créer une forme de récit inédite et offrir au lecteur une expérience unique.

 

L’auteur

Brian Selznick est un auteur américain pour enfants et un illustrateur. Il a reçu un prix prestigieux pour  L’invention de Hugo Cabret : la médaille Caldecott en 2007 qui décerne le meilleur livre illustré pour enfant de l’année. Un nouveau livre est en cours et qui j’espère sera bientôt traduit en français !

Pour plus d’information sur l’œuvre de l’auteur : le site du livre : http://www.theinventionofhugocabret.com/index.htm

 

Le livre

Editions Bayard jeunesse (que je remercie fortement) – 533 pages

L’objet en lui-même est magnifique, illustré à la perfection, une mise en page sublime, un objet magique.

 

Mon avis

Dès que j’ai eu le livre entre les mains, j’ai tout de suite eu envie de le lire, malheureusement j’avais déjà commencé un autre livre. J’ai donc du attendre et plus je regardais le livre, plus il m’attirait et plus je savais que ça allait être un coup de cœur. J’ai eu peu de coup de cœur pour des livres mais je peux dire que celui-ci, c’est le meilleur de mes coups de cœur !

Dès les premières pages, on est plongé dans ce magnifique roman illustré où on nous explique comment lire ce livre pour en profiter pleinement !

« Ne tournez pas la page trop vite ! Imaginez d’abord que vous êtes assis dans le noir, comme au cinéma avant le début d’un film. »

L’auteur arrive à merveille à concilier le livre et le cinéma, sans pour autant de s’aider de vidéo à voir sur internet, comme beaucoup de livres le font maintenant. Au contraire, à l’aide de ses dessins, nous avons l’impression de suivre une adaptation cinématographique des événements décrits dans l’histoire. Et juste un mot pour décrire les illustrations : sublimes. J’adore le dessin et l’auteur excelle dans cet art, où avec de simples dessins, se dégagent toutes les expressions des personnages et toute la puissance de l’histoire.

Je ne vais pas vous parler de l’histoire, la quatrième de couverture en dit assez et j’ai peur de trop vous en dire. En tout cas, l’auteur sait merveilleusement bien dessiner et sait aussi merveilleusement bien écrire. Deux arts magnifiques et difficiles, que l’auteur exploite à merveille. Beaucoup de personnages attachants à découvrir et hauts en couleur comme Hugo, Papi Georges et Isabelle.

Pour finir, ce livre nous fait découvrir les débuts du cinéma muet, celui de Georges Méliès, un univers magique que nous découvrons à travers des photos.

 

Pour finir, ma note

Un véritable coup de cœur, un livre illustré pour les enfants, mais aussi pour les plus grands, qu’il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie. Un petit bijou qui se lit vite, trop vite, mais qui permettra de le relire très souvent pour redécouvrir cet univers magique.

 

Quelques citations

P145 : « A l’opposé du café, près de la salle d’attente principale, il y a deux tables de bois couvertes de livres et, entre elles, une porte avec l’inscription : R.LABISSE, LIVRES NEUFS ET D’OCCASION […] La boutique est imprégnée d’une odeur de vieux papier, de poussière et de cannelle qui lui rappelle l’école, ravivant des souvenirs heureux de son ancienne vie. »

P193 : «  Hugo la regarde farfouiller dans la serrure avec l’épingle, jusqu’à ce qu’un clic libère le battant.

-          Où as-tu appris cela ? s’étonne Hugo.

-          Dans les livres. »

 

P378 : «  Je m’imagine que le monde est une machine géante. Tu sais, dans les machines, il n’y a pas de pièces en trop. Elles ont exactement le nombre et le type de pièces  qui leur sont nécessaires. Alors, je me dis que, si l’univers entier est une machine, il y a bien une raison pour que je sois là. Et toi aussi tu as une raison d’exister. »

 

P510 : « Le temps peut vous jouer des tours de toutes sortes. En un clin d’œil, des bébés apparaissent dans des landaus, des cercueils disparaissent dans la terre, des guerres sont gagnées et perdues, et, tels des papillons, les enfants se métamorphosent en adultes. »

 

Petits plus

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=DTh1HjLLkKg]

La bande annonce de l’adaptation qui sortira le 14 décembre en 3D et réalisé par Martin Scorese qui a également produit une adaptation fidèle d’un livre ; Shutter Island de Dennis Lehane, j’espère que celle-ci sera à la hauteur.

 

Livre lu dans le cadre 1/24

Premier livre lu pour ce challenge et un coup de cœur, j’espère avoir encore de belles surprises !

Shutter Island, Dennis Lehane

Présentation de l’éditeur :

Nous sommes dans les années cinquante. Au large de Boston, sur un îlot nommé Shutter Island, se dresse un groupe de bâtiments à l’allure sinistre. C’est un hôpital psychiatrique pour assassins. Le Marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule ont été appelés par les autorités de cette prison-hôpital car l’une des patientes, Rachel Solando, manque à l’appel. Comment a-t-elle pu sortir d’une cellule fermée à clé de l’extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Oeuvre incohérente d’une malade ou cryptogramme ? Progressivement, les deux policiers s’enfoncent dans un monde de plus en plus opaque et angoissant, jusqu’au choc final de la vérité.

Mon avis :

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas lu de thriller et je remercie PtiteTrolle d’avoir organisé cette lecture commune sur Livraddict, car je dois dire que cette lecture est un coup de cœur.

Ce thriller a tout pour plaire : une trame bien ficelée, des personnages torturés, un environnement oppressant, étouffant au sein d’une petite île qui crée un huit clos énigmatique.

Teddy débarque donc sur l’île avec son nouveau coéquipier Chuck afin de retrouver une patiente disparue d’un hôpital psychiatrique hautement gardée. Que c’est-il passé ? Comment c’est-elle enfuie ? Où est-elle ? Voilà les questions que va se poser le lecteur ainsi que Teddy.

Teddy est un homme meurtri, qui n’arrive toujours pas à se remettre de la mort de sa femme. Femme qui est d’ailleurs très présente dans le récit, que ce soit par des flash-back ou dans les rêves de Teddy. Car Teddy rêve beaucoup et souvent cela porte à confusion le lecteur. L’auteur a d’ailleurs très bien décrit les rêves : énigmatiques et décousus comme la plupart des rêves. Teddy est un homme bon, courageux et fier, il a fait la seconde guerre mondiale ce qui lui a forgé le caractère mais pour qui les démons ne sont jamais bien loin.

Chuck quand à lui est un peu à l’opposé de Teddy dans le sens où c’est un bon vivant, aimant faire des blagues pour détendre l’atmosphère. D’ailleurs, certains dialogues entre les deux marshals sont très cocasses ce qui leur permet de se soutenir dans cet univers.

Car durant leur enquête, personne ne va les aider et plus encore, il semble même que le personnel leur met des bâtons dans les roues.

Il s’agit surtout d’un thriller psychologique. L’auteur a su bien ficelé son intrigue jusqu’à la fin…  et quelle fin ! Je dois dire que je ne m’attendais pas à ça ! Bien sûr, ce qui peut déranger, c’est qu’il s’agisse d’une fin ouverte, permettant à chacun de se faire sa propre opinion. D’ailleurs, si vous le souhaitez, n’hésitez pas à m’envoyer (par mail pour éviter de spoiler) votre avis sur la fin.

Pour conclure, un coup de cœur donc, une atmosphère angoissante et oppressante, une intrigue bien menée, où l’on tourne les pages très vite pour savoir comment cela va se finir… au choix du lecteur !

Une petite citation:

p33:  » Si Dolores était morte depuis deux ans, elle ressuscitait la nuit dans ses rêves, et il lui arrivait certains matins de penser durant de longues minutes qu’elle était dans la cuisine ou en train de boire son café sur le balcon de leur appartement à Buttonwood. C’était un cruel tour de son imagination, oui, mais Teddy avait appris depuis longtemps à en accepter la logique; le réveil, après tout, s’apparentait presque à une naissance. On venait au monde sans passé, puis on reconstituait son histoire personnelle entre deux clignements d’yeux et trois bâillements, on remettait les morceaux dans l’ordre chronologique pour trouver la force d’affronter le présent. »

Adaptation cinématographique :

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=Loil0pu6nvk]

Réalisé par Martin Scorsese
Avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley

Long-métrage américain . Genre : Thriller
Durée : 02h17min Année de production : 2010
Distributeur : Paramount Pictures France

Pour une fois, je trouve l’adaptation particulièrement réussie. Léonardo est très convainquant dans le rôle de Teddy, ses démons sont très bien représentés ainsi que sa relation sa femme.

Martin Scorsese a su formidablement introduire les rêves décousus de Teddy au point où le lecteur avait du mal à savoir si c’était un rêve ou pas au début ! De plus, j’ai tout de suite retrouvée cette atmosphère lourde et oppressante du livre. Certains passages m’ont bien fait peur notamment avec les patients qui font assez froids dans le dos ! Un petit bémol par contre au niveau de la fin, où finalement Scorsese a préféré une fin plutôt que l’autre au lieu de laisser l’ouverture.

Livre lu dans le cadre : 

Les avis des autres participant de cette LC:

LefsÖ, Léo Elfique, livrons-nous, petit-lips, Reveline, Simi, Kactuss, Mimipouss, PtiteTrolle, Aidoku, Mélusine, Felina, Naminé,

Delirium, Lauren Oliver

 

Présentation de l’éditeur :

Plus que quatre-vingt-quinze jours, et je serai enfin protégée de l’amor deliria nervosa.

Après le protocole, je serai heureuse et en sécurité. Pour toujours.

C’est ce que tout le monde dit.

Et je l’ai toujours cru.

Jusqu’à aujourd’hui.

Car aujourd’hui tout à changé.

Si l’amour conduit à la folie, alors je veux perdre la raison.

Si l’amour est une maladie, alors je veux être contaminée.

Si l’amour est la vérité, alors je préfère une seule seconde de cette vie qu’un éternité de mensonges.

Mon avis :

Un grand merci à et aux éditions Hachette Jeunesse Black Moon pour ce partenariat.

Delirium, un titre aussi beau qu’énigmatique.

Une phrase accrocheuse : « Et si rien n’était plus dangereux que l’amour ? ».

Une magnifique couverture, simple et élégante.

Et une quatrième de couverture mystérieuse.

Voilà les ingrédients qui m’ont donné envie de lire ce livre et je n’en suis pas déçue.

En ce moment, la dystopie (récit de fiction peignant une société imaginaire, organisée de telle façon qu’elle empêche ses membres d’atteindre le bonheur, et contre l’avènement de laquelle l’auteur entend mettre en garde le lecteur, Source : Wikipedia) est très présente dans la littérature mais jusqu’à aujourd’hui, je n’avais lu que Hunger Games T1 de Suzanne Collins, que j’avais adoré ! Et bien je dois dire que ce fut la même chose pour Delirium, est c’est même un véritable coup de cœur pour moi. A croire que ce genre me correspond tout à fait !

Nous voici donc plongé au cœur de Portland où l’amour est considéré comme une maladie : l’amor deliria nervosa (n’est pas un nom magnifique pour une maladie ?). Dès 18 ans, chaque personne se fait opérer pour enlever la partie du cerveau contrôlant les sentiments. Conclusion ? Toute personne majeur n’éprouve plus aucun sentiment et la société établie ta vie (travail, famille…). Tableau plutôt affolant non ?

C’est donc dans cette société que vit Léna, notre héroïne, qui compte les jours qui lui reste pour être enfin immunisée contre cette horrible maladie. J’ai beaucoup aimé le personnage de Léna car je me suis totalement identifiée à elle : une fille ordinaire, ayant peu confiance en elle et se sentant très inférieure à sa meilleure amie Hana.

Comme la plupart des personnes, elle croit au gouvernement et boit les paroles de celui-ci. Cependant, sa rencontre avec Alex va commencer à faire chavirer sa foie en la société dans laquelle elle vit.

Lauren Oliver nous peint un sombre tableau de ce que l’homme peut faire comme absurdité. J’ai beaucoup aimé les débuts de chapitres, où des textes de loi, des textes officiels ou des comptines nous sont présentés, ce qui nous permet de bien imaginer la société dans laquelle vie Léna.

P99 : « De tous les systèmes corporels, le système cardiaque est le plus fragile et le plus sujet aux perturbations. Le rôle de la société est de prémunir de ces systèmes contre les infections et les dégradations, au risque de mettre, dans le cas contraire, l’avenir de la race humaine en danger. De même qu’un fruit est protégé des insectes, des chocs et de la pourriture par l’ensemble des techniques agricoles modernes, de même, il nous faut protéger le cœur. »

Le récit est écrit du point de vue de Léna, ce qui nous permet de suivre ses doutes, ses peurs, ses questions, ses malheurs et ses bonheurs. Au fil du livre, progressivement, elle commence à douter et à comprendre certaines choses. Cela prend du temps ce qui est tout simplement normal, nous même si on apprend que tout ce à quoi on croit n’est qu’une illusion, même en ayant la preuve sous les yeux, il nous faut du temps pour l’accepter. Ce livre nous peint également l’amour. Mais l’amour pur, l’amour sous toutes ses formes. Et cela, sans être à l’eau de rose et gnangnan !

J’ai également apprécié le personnage de Hana. Un peu fofolle mais qui est quelqu’un de très lucide. L’amitié entre les deux filles est vraiment très forte et on ressent toute la tristesse que Léna éprouve à l’approche de leur opération : car bien sur, aucune émotion signifie la fin de leur amitié.

Maintenant, parlons un peu d’Alex : Alex, le rebelle, Alex le mystérieux, Alex le ténébreux… finalement, on n’en sait peu sur lui ce qui est fort dommage. J’aurai aimé apprendre beaucoup plus de sa vie d’avant la rencontre avec Léna.

Un petit bémol : la société dans laquelle ils vivent contrôle et surveille tout. De fréquents raids sont organisés, et un couvre feu est imposé aux mineurs. Cependant, j’ai trouvé un peu trop simple les escapades de Léna la nuit pour une société aussi totalitaire. Mais bon ce n’est qu’un détail !

Pour finir, je ne vais pas cacher que la fin est horrible pour le lecteur ! Je me suis dit, ce n’est pas possible, ça ne peut pas finir comme ça, il manque quelque chose ! Mais grâce à MyaRosa (dont son avis est aussi positif que le mien), j’ai su qu’un second tome devait paraitre ce qui a mis un terme à mon hurlement !

En conclusion, un coup de cœur pour moi, une plume très délicate qui peint avec merveille les débordements de la société et l’amour. A découvrir !!!!

Quelques citations :

P11 : « Je n’aime pas savoir qu’à l’heure qu’il est la maladie coule dans mon sang. Parfois, je le jure, je la sens, elle me brûle les veines à la façon d’un liquide gâté, à la façon du lait tourné. Elle me donne l’impression d’être sale. Elle m’évoque des enfants capricieux. Elle m’évoque des images de résistance, de filles malades se roulant par terre de désespoir et s’arrachant les cheveux, la bouche écumante de salive. »

P316 : « Aimer : un mot unique, une chose fuyante, pas plus épaisse qu’un fil. Voilà ce dont il s’agit : le fil d’un rasoir. Qui s’insinue au cœur de votre vie et la coupe en deux. L’avant et l’après. Le reste du monde tombe d’un côté ou de l’autre. Avant et après. Quant au pendant, il n’est pas plus épais qu’un fil, lui non plus. »

P441 : « D’ici quelques heures, l’embrasement du matin s’immiscera à travers l’obscurité, le monde récupérera ses contours, les gens se lèveront en bâillant et prépareront leur café comme toujours. La vie suivra son cours. Au fond de mon âme, une vieille douleur, plus puissante que les mots, se réveille : ce fil qui relie chacun d’entre nous aux racines de l’existence, ce vieux fil qui se déroule, résiste, recherche désespérément une prise, le moyen de rester en vie, de respirer, de continuer. Mais je me débats contre lui, je m’en libère. Je préfère mourir selon ma volonté plutôt que de vivre selon la vôtre. »

 

Je fais tourner ce livre, si vous êtes intéressé, c’est ici.

Thérapie, Sebastian Fitzek

Présentation de l’éditeur:

Josy, douze ans, la fille du célèbre psychiatre berlinois Viktor Larenz, est atteinte d’une maladie qu’aucun médecin ne parvient à diagnostiquer. Un jour, après que son père l’a accompagnée chez l’un de ses confrères, elle disparaît. Quatre ans ont passé. Larenz est toujours sans nouvelles de sa fille quand une inconnue frappe à sa porte. Anna Spiegel, romancière, prétend souffrir d’une forme rare de schizophrénie : les personnages de ses récits prennent vie sous ses yeux. Or, le dernier roman d’Anna a pour héroïne une fillette souffrant d’un mal étrange, qui s’évanouit sans laisser de traces… Le psychiatre n’a dès lors plus qu’un seul but, obsessionnel: connaître la suite de son histoire.

Mon avis:

Voilà un livre où j’avais lu que des avis positifs sur la blogosphère. J’ai donc eu quelques appréhensions avant la lecture, de peur d’être déçue.

Tout d’abord, il ne s’agit pas du tout d’un livre sanglant, au contraire, mais un livre qui agit sur la psychologie du lecteur.

Viktor Larenz a une vie agréable : c’est un grand psychiatre reconnu en Allemagne, il a une femme et une fille Josy, une belle maison. Cependant, tout va commencer à basculer à partir du moment où sa fille tombe malade. Dès lors, une multitude de médecins vont s’intéresser à son cas. Lors d’une visite, josy disparait et le beau monde de Viktor s’écroule.

Il va alors se réfugier sur une île où il va rencontrer Anna, écrivain souffrant de schizophrénie et prétendant que les personnages de ses romans prennent vie.

Quel est donc ce lien entre Josy et cette femme? C’est à partir de ce moment là que va s’abattre la tempête, s’abattre sur l’île et sur Viktor.

Il est difficile de parler de ce livre sans trop en dévoiler. Toujours est-il qu’on s’attache vite à Viktor et à sa détresse. Avec lui, on se pose pleins de questions sur sa vie, notamment sur sa femme absente depuis l’enlèvement de leur fille.

Il a du mal à faire comme sa femme et de se dire que Josy est morte, pour lui, il y a toujours un espoir. D’ailleurs j’ai bien aimé la définition que donne son ami et détective privé engagé pour trouver des pistes sur Josy:

p80:  » Tu sais quoi Viktor? L’espoir, c’est comme un éclat de verre planté dans ton pied. Tant qu’il reste enfoncé dans la chair, il te fait souffrir à chaque pas. Tandis que si on te l’enlève, ça saignera pendant un moment, ça prendra un bout de temps avant que la plaie soit guérie, mais, au bout du compte, tu pourras réapprendre à marcher normalement. C’est ce qu’on appelle le deuil. »

Mais justement, Viktor n’arrive pas à faire le deuil de sa fille, et l’arrivée d’Anna dans sa vie ne va pas arranger les choses. Le récit de cette femme est bouleversant et surprenant. Et tout comme Viktor, on attend avec impatience la suite de son récit.

En faisant des chapitres courts et finissant toujours avant une révélation, l’auteur crée un véritable suspense. J’ai été frustré à chaque fin de chapitre et j’ai donc dévoré le livre en peu de temps pour savoir le fin mot de cette histoire!

Thérapie est le premier roman de Sebastian Fitzek et ce fut une vraie réussite. J’ai hâte de me replonger dans un autre de ses romans afin de retrouver toute l’atmosphère qui s’en dégage.