Esprit d’hiver, Laura Kasischke

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Présentation de l’éditeur

Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d’angoisse inexplicable. Rien n’est plus comme avant. Le blizzard s’est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant…

« Et si c’était elle, le grand écrivain contemporain ? Laura Kasischke, s’impose, livre après livre, comme la plus douée des romancières de sa génération. » François Busnel, Lire

« Douce et inquiétante, experte en malaise phosphorescent et ouaté, de livre en livre, elle a su bâtir un univers sans pareil, suspendu dans la rêverie aveuglante qui précède toujours le drame, ce moment de flottement où la clairvoyance se débat pour se faire entendre. » Marine Landrot, Télérama

L’auteur

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 Laura Kasischke est romancière, poétesse et enseignante et née dans l’État du Michigan. Elle a publié des recueils de poésie, également parus en revues, pour lesquels elle a gagné de nombreux prix littéraires.  Laura Kasischke est aussi romancière. Les Éditions Christian Bourgois ont déjà publié huit de ses romans, dont À suspicious river (1999), La Couronne verte (2008), En un monde parfait (2010) et Les Revenants (2011). Deux d’entre eux, La Vie devant ses yeux, et À suspicious river ont été adaptés au cinéma. (source : Christian Bourgeois éditeur).

 

Le livre

Éditions Christian Bourgeois – Paru le 22/08/13

Format broché – 294 pages

Traduit de l’anglais par Aurélie Tronchet

Illustration de couverture : John Register, The Light in the Mirror , huile sur toile (détail) Courtesy of Modernism Gallery, San Francisco

 

Mon avis

« Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux. »

Telle est la première phrase de ce livre. Dès le début, cette phrase donne le ton : le côté oppressant du livre.

C’est la matin de Noël et comme chaque année, Holly reçoit sa famille et ses amis. Cependant rien ne se passe comme prévu : son mari et elle se réveillent en retard, Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana le temps que son mari aille chercher la famille à l’aéroport. Holly doit vite préparer les repas pour les invités, seulement les souvenirs de l’adoption de Tatiana prennent le dessus. Tatiana qui n’est pas tout à fait comme d’habitude : la gentille Tati semble décider à faire sa crise d’adolescence ce jour là. Plus le temps passe, plus le blizzard s’installe et les uns et les autres se décommandent, et le mari reste bloqué… Holly se retrouve donc seule avec Tatiana. Celle-ci devient de plus en plus étrange et des appels téléphoniques mystérieux surgissent…

Malgré un début long et répétitif, je me suis vite laissé prendre par ce livre et par la plume de l’auteure : petit à petit, elle arrive au fil des pages à créer un climat tendu, oppressant. Holly est une femme fragile, ayant un passé familial triste sur fond de maladie. On comprend à la lecture de ce livre qu’elle a essayé de se reconstruire avec l’adoption de Tatiana, sa petite fille russe aux cheveux noirs de jais. Plus le comportement de Tatiana devient troublant, et plus les flash-back nous livre les détails sur cette adoption, sur les sentiments de Holly et les épreuves qu’elle a enduré. Holly doute beaucoup et se remet beaucoup en question vis-à-vis de sa fille.

Je ne vais pas vous dévoiler les différents éléments que l’auteure utilise pour créer son ambiance, cela gâcherai tout du livre, mais si vous voulez un livre prenant, où on ne peut plus arrêter de tourner les pages et où le matin de noël devient oppressant, je ne peux que vous conseiller ce livre.

La fin m’a vraiment scotché, je ne m’attendais pas du tout à une telle fin, je m’étais fait plusieurs scénarios possibles mais pas celui-ci. Quelques questions restent malgré tout en suspend comme par exemple les appels téléphoniques.  Peut-être est ce tout simplement la folie…

 

 

En conclusion, ma note

 

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Malgré quelques longueurs au début, un huit-clos psychologique efficace où la tension devient palpable plus les pages se tournent.

Petits plus

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Je remercie les matchs de la rentrée littéraire de PriceMinister. N’hésitez pas à aller consulter le blog des matchs de la rentrée littéraire (cliquez sur le logo) pour découvrir les autres livres.

L’enfant de l’amour, Sheila Kohler

 

L'enfant de l'amour

Présentation de l’éditeur

Rien ne ressemble plus à une riche Blanche oisive qu’une autre riche Blanche oisive. Sous le vernis de la très haute société sud-africaine de la fin des années 1950, pourtant, certaines transportent d’inavouables secrets. Parmi elles, Bill, femme mûre et mûrie par la vie, ancien garçon manqué d’une famille d’artisans hissé à la tête d’une des plus grosses fortunes du pays après son mariage avec un homme tyrannique. À la mort de celui-ci, le notaire de la famille presse Bill de choisir ses héritiers. À qui doit-elle léguer son patrimoine ? À ses deux fils si sérieux ? À ses frères et sœurs avides et jaloux de son bien ? Au vieux cuisinier zoulou qui a vu grandir ses enfants ? À la fidèle gouvernante qui connaît tout de son secret ? Au fil de ces interrogations Bill déroule l’histoire de sa vie, depuis la fatale année de 1926 où son père lui interdit d’aimer celui qui restera à jamais l’homme de sa vie, ce jeune Juif aux boucles rousses, jusqu’au sulfureux triangle amoureux qui la mena à un mariage opulent.

 

L’auteur

Sheila Kohler est née à Johannesburg. Elle vécu 15 ans à Paris où elle fit ses études supérieures, puis s’installe aux Etats-Unis. Elle a écrit 8 livres et 3 recueils de nouvelles. Pour le moment, seuls 3 de ces livres on été traduits en français :

  • Un endroit de rêve, aux éditions Gallimard (1991)
  • Splash, aux éditions Gallimard (2001)
  • Quand j’étais Jeanne Eyre, aux éditions La Table Ronde / Quai Voltaire (2012)

 

Le livre

Editions La Table Ronde / Quai Voltaire – Paru le 29/08/2013

Format broché – 259 pages

Traduit de l’anglais par Cécile Arnaud

 

Mon avis

Le portrait d’une femme dans la société sud africaine de 1925 à 1956.

J’aime beaucoup les livres s’étendant sur plusieurs générations, plusieurs époques de la vie des personnages, notamment les grandes sagas familiales avec leurs secrets et leurs passions … ce livre avait donc tout pour me plaire … et ça été le cas!

Bill, la cinquantaine, se voit pressée, par le notaire familial, d’établir son testament. En effet, elle est à la tête d’une grande fortune suite au décès de son mari. Mais voilà, Bill se sent encore jeune pour cela et a bien du mal à faire un choix sur ses héritiers. S’ensuit alors une rétrospection sur sa vie, notamment à travers 3 moments clés de sa vie.

De manière décousu, par brides, nous allons découvrir Bill à 3 époques différentes, selon les souvenirs qui l’assaillent. Une vie pas évidente, où les épreuves sont nombreuses ainsi que les secrets.  Beaucoup de non-dits, d’injustice, de passion et d’amour dans ce roman.

J’ai pris plaisir à tourner les pages de ce livre, d’ailleurs j’ai eu du mal à le reposer, voulant découvrir à chaque fois ce qu’il allait advenir de Bill. Les conditions de la vie de femme à cette époque sont bien décrites, n’ayant pas de choix de jugement, et laissant les hommes décider à leur place.

Cependant, j’aurai bien aimé en savoir plus sur la société sud africaine. Je trouve que ce point a été mis de côté, on peut très bien transposer ce roman dans la société américaine.

 

En conclusion, ma note

4

Un livre à découvrir en tournant les pages sans s’arrêter, sur la vie pleine de rebondissement d’une femme  courageuse dans la société sud africaine.

 

Petits plus

Livre lu grâce à l’opération Masse Critique de Babelio, que je remercie pour cette découverte.

Lily, tome 1 : Lily et la magie défendue, Holly Webb

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Présentation de l’éditeur

Depuis que la reine a interdit l’usage de la magie, Lily vit recluse sur une île au large de l’Angleterre. Là-bas, sa sœur Géorgie est formée à la magie par leur mère, à l’abri des regards. Mais Lily découvre le terrible complot que sa mère prépare. Géorgie est en danger… Il faut à tout prix s’échapper ! Dans les rues de Londres, les deux sœurs vont devoir se débrouiller seules. Mais comment faire, sans magie ?

 

L’auteur

Holly Webb

Holly Webb est une auteure anglaise de livres pour enfants. Avant de se lancer dans l’écriture, elle était rédactrice en chef de fictions pour enfants. Sa première série, Rose, compte quatre romans. Sa nouvelle série « Lily » compte pour le moment quatre tomes en V.O.

Un petit tour sur le site de l’auteur: Holly Webb.

 

Le livre

Editions Flammarion – Paru le 05/06/2013
Format broché – 300 pages

Une couverture féérique totalement magnifique. Comme les autres livres de l’auteure, je suis sous le charme des couvertures.

D’ailleurs, l’illustratrice est Lisa Evan et vous pouvez admirer son travail sur son blog.

Mon avis

Je le dis tout de suite, mon avis ne sera absolument pas objectif !!!! Depuis le premier tome de la série Rose, je suis sous le charme des livres de cette auteure … et celui-ci ne déroge pas à la règle!

Comme pour Rose, l’action se déroule à Londres au XIXème siècle. Lily est une petite fille très attachante et très intelligente de 9 ans qui est en adoration pour sa grande sœur. Cependant, depuis plusieurs mois, elle ne l’a voit pratiquement plus malgré qu’elles vivent sous le même toit : leur mère a décidé de prendre l’éducation magique de Georgie malgré l’interdiction de la reine. Cependant, Lily comprend que quelque chose ne va pas et s’échappe de la maison familiale avec sa sœur en compagnie de Henrietta, la chienne.

S’ensuit alors une aventure dans les rues de Londres, faites de rencontres les plus étonnantes les unes des autres notamment avec la troupe du cirque, mais aussi des plus terrifiantes avec cette mystérieuse Mme Powers.

J’ai beaucoup aimé les personnages, notamment Lily, par sa maturité et son courage. Par plusieurs occasion, on pourrait croire que c’est elle la grande soeur, Georgie étant si fragile! Et bien sûr, le point fort, c’est Henrietta mais je ne vous en dis pas plus !

Un seul bémol : je pensais que Rose serait présente, même un peu, mais non. J’espère vraiment la voir dans les prochains tomes de la série.

 

En conclusion, ma note

4,5Si vous avez aimé la série Rose, vous ne pourrez qu’aimer cette nouvelle série. Et si vous ne connaissais ni l’une ni l’autre, foncez!

Petits plus

Si vous souhaitez découvrir la série Rose, voici les liens de mes avis:

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Lamb, Bonnie Nadzam

Lamb, Bonnie Nazdam

Présentation de l’éditeur

Dans la banlieue de Chicago, là où les impasses résidentielles s’achèvent sur le mur qui protège l’autoroute, Tommie, onze ans, des dizaines de taches de rousseur et une mère qui ne la surveille pas, rencontre Lamb, la cinquantaine et qui traverse une mauvaise passe. On ne saurait parler d’amitié entre deux êtres séparés par une telle différence d’âge. D’emblée Lamb endosse le rôle d’une sorte de jeune grand-père, ou de vieil oncle, un peu pontifiant, un peu donneur de leçons. Mais, des leçons, la fillette n’en a sans doute pas reçu assez, et elle écoute Lamb avec plaisir lorsqu’ils se donnent rendez-vous après l’école pour manger un hot-dog.
C’est lui qui suggère qu’ils quittent la ville tous les deux. Il a un chalet dans la montagne, loin, au-delà des grandes plaines du Midwest, où ils pourront vivre au grand air. Elle le soupçonne parfois d’affabuler, pourtant un beau jour ils partent bel et bien. Elle n’a rien dit à ses parents mais ce n’est pas grave. Ce sera leur secret à tous les deux.
Ils ne devaient passer que quelques jours ensemble, ils resteront au chalet plusieurs semaines. Parfois Tommie doit se cacher dans l’atelier, afin que les rares visiteurs qui troublent leur retraite n’aillent surtout pas se faire des idées. Et, seule, dans le froid, elle tente de se persuader que Lamb, en toutes circonstances, n’agit que pour son bien.

 

L’auteur

Bonnie Nadzam

Bonnie est américaine née à Cleveland, vit désormais dans les Montagnes Rocheuses. Elle a écrit différentes nouvelles dans des revues américaines. Lamb, son premier roman a obtenu le prix  Flaherty-Dunnan First Novel Prize .

 

Le livre

Editions Fayard – Paru le 04/09/13

Format broché – 247 pages

Une couverture intrigante où le malaise est déjà perceptible.

 

Mon avis

Un mot me reste après cette lecture : dérangeant.

Oui ce livre a quelque chose de dérangeant, de troublant.

Une rencontre improbable entre une pré-ado de 11 ans et un homme de 50 ans.

Tommie est une enfant un peu perdue, se sentant un peu seule avec sa mère et son beau-père.

Lamb est à un tournant de sa vie. Il vient de perdre son père, son couple lui échappe et se réconforte auprès de son amante.

La rencontre entre ces deux opposés s’effectue sur un parking, où Tommie fait semblant d’être une prostituée sous l’oeil de deux « amies ».
Un peu farouches tous les deux, une amitié commence et nos deux protagonistes se voient chaque jour, jusqu’au jour où Lamb emmène Tommie dans son chalet de montagne. Commence alors le récit de leur voyage où Lamb essayera d’apprendre le maximum de choses à Tommie, lui fera plaisir afin que celle-ci ne l’oublie pas. D’ailleurs, leur histoire tourne beaucoup autour de leur séparation, car tous deux savent que leur histoire est éphémère.
J’ai trouvé le personnage de Tommie un peu effacé, le livre est surtout centré sur l’énigmatique Lamb, sur son côté moralisateur et donneur de leçon.

Ce livre est dérangeant de part la nature de la relation entre les deux personnages, une « amitié » qui est un peu troublante pour moi. On pense tout de suite à la pédophilie, mais l’auteure joue avec nous et laissera cette part de mystère tout au long de notre lecture.

 

En conclusion, ma note

3Un livre où les pages se tournent vite mais où le malaise est de plus en plus grandissant. Un livre trop dérangeant pour moi.

L’envol du héron, Katharina Hagena

L'envol du héron

Présentation de l’éditeur

L’Envol du héron met en scène une série de personnages liés sans le savoir par un douloureux secret.
Marthe n’a jamais renoncé à retrouver son fils, disparu il y a dix-sept ans tandis qu’il passait l’été dans le bourg de Grund. Ellen ne s’est jamais vraiment remise du départ inopiné de son amant alors qu’elle était enceinte de lui. Andreas, ami d’enfance d’Ellen, est devenu une sorte d’original privé de la parole, qui arpente les rues de Grund à la recherche de papiers et de notes égarés.
Autour de ces trois personnages hantés par la disparition gravitent amis, amants, proches qui, eux aussi, apportent leur lot de souffrances. Le personnage de Heidrun, la mère d’Ellen, plongée dans le sommeil trompeur du coma au terme d’une période de démence sénile, est comme l’image de cet impossible oubli qui sape les existences et interdit de faire son deuil.
Sommeil, disparition, tels sont les fils directeurs de cette histoire qui révèle peu à peu ses dessous, au fil des récits d’Ellen et de Marthe, qui s’entrecroisent sans jamais se rejoindre.
La disparition habite ce roman très atypique, qui s’attache à en explorer toutes les dimensions, toutes les résonances, jusqu’à lui donner une dimension mythique qui l’assimile non plus à la mort, mais à une ultime métamorphose.

L’auteur

Katharina Hagena Katharina Hagena est née en 1967. Spécialiste de l’œuvre de Joyce, elle a enseigné la littérature anglaise et allemande au Trinity College, à Dublin, et à l’université de Hambourg, où elle vit toujours. (source : Le Livre de Poche).

Le livre

Editions Anne Carrière – Paru le 22/08/13

Format broché – 304 pages

Une couverture toute sobre, qui si je n’avais déjà pas lu cet auteur, serait passée à côté sans m’y arrêter.

Mon avis

Voilà un livre que j’attendais avec impatience car j’avais lu il n’y a pas longtemps Le goût des pépins de pommes de cette auteure, lecture qui avait eu du mal à démarrer mais qui s’est révélée être une jolie découverte.

La particularité des livres de Katharina Hagena, c’est que ceux-ci tournent autour de thèmes précis, à savoir ici la disparition et le sommeil. Le souvenir et l’oubli sont également très présents comme dans son premier roman.

L’écriture peu au premier abord être assez déroutante, avec ses longues phrases, ses longues descriptions. C’est un livre qu’il faut prendre le temps de lire (au coin d’un feu par exemple) et de ne pas hésiter à relire certaines phrases. En effet, l’auteure joue avec les mots, notamment avec toutes les significations d’un même mot et certains passages sont magnifiques. J’ai pris un certain plaisir à relire des passages plusieurs fois afin de bien m’imprégner de leur signification.

Deux récits s’entrecroisent : celui de Marthe et celui d’Ellen. Le récit de Marthe nous est livré à travers un journal de chorale qu’elle tenait. Celle-ci notait tout ce qu’il se passait lors des séances de chorale ainsi que ses pensées sur son fils disparu, ses avis sur telle ou telle personne.
Le récit de d’Ellen est quand à lui basé sur ses souvenirs, souvenirs qu’elle ressasse lors d’une nuit où elle n’arrive pas à dormir, ce qui est un comble pour un médecin du sommeil !!!

Les descriptions des paysages de la campagne allemande sont très présentes et l’on se croirait presque au milieu de ces lacs et de ces champs de maïs. Les émotions et les doutes d’Ellen sont également magnifiquement retranscrites que l’on s’imagine aisément  être à la place de celle-ci.

A travers ses deux récits, nous découvrons toute une série de personnages ayant chacun leurs histoires, leurs secrets qui les hantent.
Toutes ces brides de récits vont finir par ce regrouper à travers un dénouement que je n’ai pas vu venir.

En conclusion, ma note

4,5

Des thèmes magnifiquement abordés, une écriture qu’il me tarde de retrouver dans un prochain roman!

 

Quelques citations

P54 : “Je suis invisible, mes cheveux sont gris, mes yeux sont gris, mon visage est gris, mes dents, ma veste, tout est gris. Les femmes de mon âge peuvent se rendre invisibles, nous pouvons presque tout faire. Quand plus personne ne vous désire et ne vous désirera jamais, que vous ne désirerez plus et ne désirerez plus jamais personne, alors vous êtes libre comme un oiseau qui a quitté sa cage, qui se redécouvre oiseau de proie.”

P101 : “Nous sommes faits de l’étoffe des rêves et notre petite existence est “encerclée” de sommeil.”

P119 : “Je m’interdis tout remords : le remords nous sert juste à nous dédouaner pour pouvoir ensuite tranquillement oublier.”

P166 : “Est-ce le cancer, la chimio ou la morphine qui a finit par le tuer, je n’en sais rien. Cancer, crabe, un mot étrange pour désigner cette maladie mais, dans son cas, tout à fait approprié. C’est l’incessante marche à reculons de ses pensées qui l’a rendu malade.”

P167 : “Je pris mon envol. Tout comme Lutz a pris le sien. Il a pris son envol – en français, voler c’est aussi dérober – et m’a dépouillée de tout.”

P169 : ‘”Dans l’épuisement, n’y a-t-il pas aussi la possibilité de puiser, non dans la plénitude mais dans un vide? Peut-être l’insomnie est-elle l’état qui convient à l’homme? Ce qui serait le plus près d’une délivrance.Et moi, je gâche la moitié de ma vie à empêcher les gens d’accéder enfin à eux-mêmes dans l’épuisement. Car, en fin de compte, la nuit au noir visage n’est pas simplement ce qui sépare deux journées. Quant à rêver, je peux le faire aussi dans l’épuisement. Peut-être même que le rêve est le gardien de l’insomnie. C’est à elle que je dois ma lucidité nocturne, il n’y a qu’en plein jour que je suis endormie. Endormie et épuisée.”

P215 : “Si j’avais parlé à Heidrun, je me serais peut-être sentie mieux, mais pourquoi devrait-on se sentir mieux? Se sentir mieux, savoir mieux, être mieux que. De là au surhomme, il n’y a pas loin.”

 

Petits plus

N’hésitez pas à lire également Le goût des pépins de pomme, un livre sur le souvenir et l’oubli, une saga familiale sur 3 générations de femmes.

 

Livre lu dans le cadre: 81568792_p.jpg catégorie Animal