L’Alpha, Nadia Bouzid

Présentation de l’éditeur

Depuis qu’elle s’est réveillée dans cette maison sinistre et encombrée de vieilleries poussiéreuses, Léo a l’impression de vivre hors du monde. Mais elle n’a pas vraiment le choix depuis qu’un incendie a ravagé son immeuble et qu’elle a échoué à L’Alpha, le vieux cinéma d’art et d’essai du quartier. Andréa, la propriétaire, lui a proposé un étrange marché : la loger en échange d’un travail… qui tarde à venir.
En attendant, Léo se voit confier des tâches plus absurdes et insensées les unes que les autres. Andréa est impénétrable, autoritaire, souvent bizarre. Inquiétante à l’image de sa maison, où elle se déplace en silence, surgissant à l’improviste. Bientôt, Léo a l’impression d’être surveillée par les murs eux-mêmes et finit par ne plus savoir qui elle est, ni ce qu’elle fait là.
Que lui veut Andréa ? Pourquoi personne ne doit-il savoir où elle vit ? Quels sont ces bruits qu’elle entend dans la maison ?

Après Quand Beretta est morte (Grasset, 2008), Nadia Bouzid propose avec L’Alpha un roman à énigme qui oscille entre fantastique et dépossession psychologique aux frontières de la folie, une sorte de Psychose urbain et contemporain.

L’auteur

« Nadia Bouzid est née en 1970 à Strasbourg. Elle a successivement professeur de philosophie, modèle aux Beaux-Arts, factrice, gardienne de musée au Louvre, régisseuse cinéma. Elle travaille actuellement aux Archives nationale. » (source : Amazon).

Premier roman : Quand Beretta est morte, paru aux éditions Grasset en mars 2008.

Le livre

Éditions Plon paru le 16/08/2012.

Broché – 180 pages

Mon avis

Parmi les livres de la rentrée littéraire, c’est celui qui me faisait le plus envie et malheureusement, pour le moment, c’est celui auquel j’ai le moins accroché.

L’histoire commence tout de suite par le réveil de Léo dans sa nouvelle demeure. Elle est la narratrice de son histoire et malgré cela on ne la connait pas vraiment. Tout le long de ma lecture, je me suis demandé ce que l’auteure voulait nous faire passer et je n’ai pas réussi à le cerner.  Je ne vais pas vous parler de l’intrigue car j’aurais peur de trop en dévoiler mais je peux vous dire qu’on suit Léo dans sa nouvelle maison/vie qui a pour propriétaire Andréa. Celle-ci devient de plus en plus étrange tout au long du livre. Parmi les autres personnages (il y en a très peu) seule Sonia a retenu mon attention par son excentricité, mais je l’ai trouvée trop cliché et je n’ai pas vraiment compris son rôle dans l’histoire. J’ai juste eu l’impression que l’auteure cherchait à rajouter des personnages qui, à mon sens, trouvent mal leur place dans l’intrigue.
Cela dit  j’ai bien aimé le thème de la dépossession de soi : Le fait que petit à petit, Léo ne se sente plus vraiment elle même, qu’elle a l’impression de n’être que la marionnette d’Andréa. Néanmoins, je me pose une question :  est-ce que Léo s’est sentie elle-même une seule fois dans sa vie ? Je pense qu’il faut lire le livre pour comprendre ce que je veux dire, mais, j’ai vraiment eu du mal à cerner ce personnage.
Par contre j’ai vraiment trouvé que l’histoire était trop courte.ça  peut être bien parfois mais ici je pense que l’auteur aurait pu plus pousser son intrigue, j’ai eu l’impression de rester sur ma faim, il m’a manqué des explications comme par exemple le fait de savoir si l’incendie de l’immeuble de Camille était volontaire ou non, ou encore qui est vraiment cette Léo. En fermant le livre, j’ai vraiment l’impression que ce personnage cache encore bien des choses que j’aurai aimé connaître !
Une chose me titille quand même : la quatrième de couverture fait mention d’un genre fantastique, or il n’en est pas question du tout, ce qui pourrait décevoir d’éventuels lecteurs.

Pour conclure, ce livre n’est pas désagréable mais personnellement je n’ai pas été véritablement séduite.

En conclusion, ma note

Je trouve dommage que l’histoire ne soit pas plus poussée, et j’ai eu beaucoup de mal à cerner les personnages de ce livre.

Quelques citations

p37 : «  – Vous vous rappelez, tout à l’heure, vous vouliez que je vous donne du travail, eh bien voilà, je vous en donne: vous allez lire Les Hauts de Hurlevent. A votre rythme, hein. Je veux simplement que vous le lisez, du début jusqu’à la fin. A côté de ça, vous pouvez faire ce que vous voulez et lire tous les livres que vous voulez [...]

- Mon travail, c’est de lire ce livre, c’est ça que vous êtes en train de me dire?

Elle fait oui de la tête.

- Vous n’êtes pas en train de vous moquez de moi par hasard?

Elle a secoué la tête dans l’autre sens, avec le même air sérieux. »

p57 : « Tout ce qu’elle disait, elle le revêtait d’une assurance d’adulte, alors que, moi, je n’avais pas de centre d’intérêt particulier et qu’en plus de ça, j’étais toujours en train de douter de ce que je faisais. Je n’étais pas finie, j’étais en chantier et il y avait encore tellement de travail pour faire de moi quelque chose de valable que, la plupart du temps, j’étais dépassée et je ne savais pas par où commencer. »

Petits plus

Je remercie la librairie Dialogues et les éditions Plon pour m’avoir permis de découvrir ce roman de la rentrée littéraire.

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8 Responses
  1. Bonjour

    J’ai lu l’Alpha, j’avais d’ailleurs lu et beaucoup aimé le premier roman de Nadia Bouzid (Quand Beretta est morte chez Grasset). Il me semble que l’inconsistance du personnage de Léo est voulue, maîtrisée et définit ce personnage justement dans cet aspect « non-fini » que vous critiquez. D’ailleurs, si vous allez sur youtube, vous pourrez voir la vidéo de présentation du livre par son auteure, qui parle justement de cet aspect-là du personnage. Je ne pense pas non plus que la faiseuse de poupée soit un personnage rajouté pour faire nombre, mais qu’elle participe au contraire de l’atmosphère inquiétante du livre, son aspect expressionniste comme le cycle du cinéma l’Alpha à ce moment du livre .Ce livre est un huis clos, les personnages y sont très peu nombreux et c’est à mon sens ce qui en fait aussi son intérêt.

    • nodreytiti dit :

      Je pense que chacun se fait sa propre opinion sur un livre. Cela a surement était voulu par l’auteure, mais moi je n’ai pas accroché à ce style de lecture. Après j’espère qu’il plaira à d’autres personnes comme je peux le voir avec vous.

  2. herisson08 dit :

    Un livre qui ne me tente pas beaucoup…

  3. Auvray dit :

    J’ai pu lire ses 2 ouvrages et pour ma part je les trouve exquis , hate de lire le prochain et encore le prochain… Bonne continuation a cette auteur pleines de talents . Juliette de fontainebleau

  4. Auvray juliette dit :

    Les gouts et couleurs ne se discutent pas ;-)

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