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Le passeur, Lois Lowry

Le Passeur - Lois Lowry

 

Présentation de l’éditeur

Le monde dans lequel vit Jonas est bien éloigné du nôtre : une société où la notion d’individu n’existe pas. Plus surprenant encore : ses membres ne ressentent rien. Ni amour ni haine viennent bousculer leur quotidien. Les gens ne meurent pas non plus. Ils sont « élargis ». Tout comme le héros de cette histoire – un garçon de douze ans – le jeune lecteur brûlera de savoir ce qui se cache derrière ce terme si obscur.

 

L’auteur

Lois LowryLois Lowry est née à Honolulu à Hawaï.  C’est un écrivain qui publie notamment en littérature jeunesse dont les séries phares sont  Anastasia Krupnik et la saga Le Passeur.

 

Le livre

Editions L’école des loisirs – 1994

Format poche – 221 pages

Une réédition du livre est disponible avec une nouvelle couverture, qui je trouve correspondant beaucoup plus au livre : en noir et blanc comme Jonas et les autres voient le monde qui les entoure.

Il a reçu de nombreux prix dans différents pays.

 

Mon avis

Merci à l’adaptation cinématographique qui m’a fait repenser à ce livre, ainsi qu’à Adalana qui a organisé une lecture commune.

Alors ce livre, j’ai toujours eu envie de le lire bien que je ne savais pas de quoi cela parlait. En effet, ce livre à toujours croisé mon regard dans les bibliothèques scolaires ou ailleurs et je m’étais toujours dit qu’il fallait que je le lise. J’ai donc entamé cette lecture à l’aveugle et je dois dire que je ne m’attendais pas du tout à ça.

Le monde de Jonas, garçon de 11 ans (bientôt 12) est particulier : vivant dans une communauté, chacun a sa place et sa famille choisie avec soin par le comité des sages. Le respect est primordial et les émotions n’existent pas, tout comme les couleurs comme on le découvrira par la suite ainsi que le mensonge. Un monde où tout le monde est en paix et en harmonie, une parfaite utopie.

Une fois par an, des cérémonies ont lieu pour passer les différentes étapes de la vie. Personne n’est unique, chacun fait parti d’un groupe. Pour les enfants, c’est leur groupe d’âge et pour les adultes, c’est leur métier. Durant ces cérémonies, les cellules familiales reçoivent un enfant (une cellule familiale est composée des parents et de deux enfants : un garçon et une fille). Car les naissances sont contrôlées et effectuées uniquement pas des mères porteuses. De plus, la dernière cérémonie pour les enfants leur attribue un métier. C’est à ce moment là que Jonas va connaître son destin.

Dès lors, il commencera sa formation et les questions vont se bousculer. Son mentor lui révélera l’Avant, avant que le monde devienne comme il est, où les émotions et les couleurs existaient.

Au fil de la lecture, je me suis sentie oppressée par ce monde privée de libertés qui se révèle être dystopique. Le choix est impossible, les personnes sont conditionnées par la communauté et tout ce qui nous parait anormal est normal pour eux. Quand Jonas découvre l’Avant, il se révolte, il aimerait pouvoir avoir toutes ces couleurs, toutes ces sensations. Cependant, celle-ci est de courte durée car il est tellement formaté qu’il pense que cela conduira au désordre et au malheur. La question de l’élargissement est un fil conducteur du livre, j’ai compris dès le début sa signification et il est difficile de se dire que des personnes puissent être aussi hermétiques pour comprendre ce qui les entoure. Cela reflète le monde auquel nous vivons : chacun est dans sa bulle, nous voyons des choses qui nous offusque (et parfois même ça ne nous préoccupe pas plus que ça) mais nous passons notre chemin.

A vouloir trop contrôler, la communauté est devenue un monde peuplé robots.

J’ai vraiment aimé cette lecture bien qu’elle m’ai vraiment bouleversée. J’ai été très frustrée par la fin que j’ai trouvée très dure. Le seul bémol que j’ai c’est que ce livre manque d’explications. Il est très court, l’auteur a vraiment su nous faire découvrir ce monde si particulier, cependant, j’aurai aimé avoir un historique, savoir le pourquoi du comment.. Il s’agit d’un premier tome, j’espère avoir des réponses aux tomes suivants.

En conclusion, ma note

4,5

J’aime beaucoup les dystopies et je trouve celle-ci très réussie, vraiment adaptée aux pré-ados. Un univers fascinant bien que terrifiant par sa signification. Dommage cependant qu’il ne soit pas plus explicatif.

 

Petits plus

Ce livre est le premier tome d’une tétralogie constituée de:

  • Le Passeur
  • L’élue
  • Le messager
  • Le Fils

Attention, actuellement dans les librairies, on trouve Le fils avec un bandeaux stipulant que c’est la suite du Passeur adapté au cinéma, cependant il s’agit du dernier volet de la saga.

Voici les autres billets des participantes à cette LC:

  • Adalana
  • Trillian
  • Syl
  • Mélo
  • Lirado

Le film sort aujourd’hui en salle, voici sa bande annonce:

L’homme qui a oublié sa femme, John O’Farrell

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Présentation de l’éditeur

Qu’un homme oublie son anniversaire de mariage, quoi de plus commun? Qu’il oublie sa femme, c’est plus inhabituel !

Après un étrange malaise, Vaughan, un quadragénaire, reprend connaissance dans le métro londonien. Il ne se souvient plus de rien : ni de son nom, ni de ses deux enfants, ni de sa femme, la sublime Maddy. Quand, après moult péripéties, il revoit celle-ci pour la première fois, c’est le coup de foudre. Pas de chance, ils sont en pleine procédure de divorce. Vaughan n’aura désormais qu’une obsession : la reconquérir ! Une mission quasi impossible, puisque Maddy ne veut plus entendre parler de lui. Et pour cause, Vaughan découvre que son ancien « moi » était un homme plutôt odieux porté sur la bouteille. S’il souhaite la séduire à nouveau, Vaughan devra lui prouver qu’il a changé !

 

L’auteur

John O FarrellJohn O’Farrell est un romancier, historien, scénariste de comédies et de dessins animés anglais. Il a déjà écrit roman, dont L’homme qui a oublié sa femme, le premier traduit en France.

 

Le Livre

Editions Presses de la Cité – 380 pages

Format broché – Paru en janvier 2014

Traduit de l’anglais par Santiago Artozqui

 

Mon avis

Voilà un livre dont le résumé me tentait énormément et où j’espérais trouver l’humour so british.

Le début du livre nous met dans l’ambiance dès le début : Vaughan erre à travers Londres ne sachant pas qui il est et essayant de demander de l’aide aux passants…qui s’éloignent de peur sans lui apporter aucune aide. Il va se retrouver dans un hôpital psychiatrique où l’un de ses amis va le retrouver et lui apprendre qui il est : Vaughan, la quarantaine, prof d’histoire, marié ou plutôt en instance de divorce, deux enfants. Un peu beaucoup pour un seul homme qui a tout oublié. Mais voilà, il va rencontrer sa femme pour la première fois une seconde fois, et c’est le coup de foudre! Dès lors, il va tout faire pour reconquérir sans ancienne vie, sans refaire les mêmes erreurs.

Vaughan va retrouver les souvenirs de son ancienne vie par bride, de manière décousue. Cependant, son cerveau lui joue aussi des tours en y insérant des faux souvenirs, il lui faut donc également démêler le vrai du faux. Il se rend compte de ce qu’il a perdu, il se remet en question sur l’homme qu’il était avant et essaye de devenir l’homme qu’il veut être. Beaucoup de péripéties et d’obstacles sur sa route de la reconquête où l’humour est vraiment très présent dans ce livre. J’ai également aimé le côté “maladie” de son amnésie mais je n’en dirai pas plus !

 

En conclusion, ma note

4

Un livre sur la rétrospection de soi, de la reconquête de l’autre avec une bonne touche d’humour britannique.

Mon cœur qui bat si fort, Alf Kjetil Walgermo

Mon coeur qui bat si fort

Présentation de l’éditeur

Amanda va avoir quatorze ans et elle est amoureuse pour la première fois. Alors qu’elle s’apprête à embrasser David, elle a un malaise. Le diagnostic est sans appel : Amanda souffre d’une malformation cardiaque et sa seule chance de survie est une transplantation. Elle est placée sur liste d’attente. Entre questionnement existentiel et révolte, Amanda qui s’affaiblit physiquement, trouve du réconfort dans l’amitié qu’elle noue avec un vieil homme. Mais elle fait aussi l’expérience de la solitude quand, dans un moment d’égarement, sa meilleure amie Jenny la trahit.

 

L’auteur

Alf Kjetil WalgermoAlf Kjetil Walgermo est un auteur, journaliste et critique littéraire norvégien.

D’ailleurs, si vous parlez norvégien, aller voir son blog ^^ http://www.walgermo.no/

 

Le livre

Bayard Editions – Paru le 23/01/2014

Format broché – 231 pages

Traduit du norvégien par Marina Heide

La toute nouvelle collection de roman d’amour à partir de 12 ans des éditions Bayard :  Sublime idylle.  Deux autres romans sont paru à la même date, mon avis pour très bientôt!

Les couvertures de cette collection ont été réalisées par Jim Tierney

 

Mon avis

Voilà un thème assez dur pour ce premier livre de cette nouvelle collection des éditions Bayard que je découvre. Amanda, tout juste 13 ans, est une adolescente norvégienne comme toutes las autres, qui adore faire du vélo, adore ses parents et surtout, sa meilleure amie depuis toujours Jenny. C’est avec elle qu’elle passe tous ses temps libres, c’est à elle (ainsi qu’à son journal intime) qu’elle confie ses secrets, ses peurs et ses envies. Jenny est dans la période où elle se cherche : cette période entre deux âges, où l’on ne se sent pas encore totalement adolescent mais où nous ne sommes plus un enfant. Et c’est à ce moment qu’elle rencontre le petit nouveau, le beau David. Mais malheureusement, plus elle se rapproche de celui-ci, plus son corps et surtout son cœur ne la suivent pas.  Est-ce l’amour qui fait autant de mal à Amanda? Hélas non, quand le diagnostic de la maladie tombe, c’est tout son monde qui s’écroule.

Beaucoup de questions vont alors se bousculer dans sa tête. Tantôt battante et révoltée, tantôt effondrée et triste, nous suivons le quotidien d’Amanda, cette adolescente de tout juste 13 ans qui doit attendre un cœur tout neuf. Mais est-ce que son nouveau cœur aimera encore David, ses parents et Jenny? Est-ce qu’elle sera encore Amanda avec ce nouveau cœur? Voilà les questions qui se bousculent et auxquelles elle va essayer de répondre tout le long du livre.

Un très joli roman sur l’adolescence et la maladie, très bien écrit où les thèmes sont bien abordés sans tomber dans le dramatique. L’écriture de l’auteur est fluide et se met vraiment à la place d’une ado de 13 ans, ce qui permet au lecteur visé (12 ans et plus) de se retrouver dans cette lecture.

 

En conclusion, ma note

4

Un premier livre de cette collection pour adolescent très prometteur, un sujet délicat abordé du point de vie d’une ado sans tomber dans les clichés et le côté dramatique du thème.

Mowgli, Kipling/Brax/Rovere

Mowgli

Présentation de l’éditeur

Les fourrés se mirent à trembler …

Père Loup se préparait à bondir…

“Un homme ! Un petit d’homme ! Regarde ! « 

Juste en face de lui, accroché à une branche basse, se tenait un bébé tout nu qui pouvait à peine marcher. Il regarda le museau de Père Loup et se mit à rire…

Ainsi commencent les aventures de Mowgli, petit d’homme élevé parmi les loups et les animaux de la jungle. Maxime Rovere nous propose ici une nouvelle adaptation qui, proche du texte original de Rudyard Kipling, nous plonge dans l’histoire intégrale de Mowgli mais aussi de Baloo, Bagheera et les autres.Un grand classique à redécouvrir, sublimé parles illustrations poétiques et lumineuses de Justine Brax.

Mon avis

Que dire ce cet album … je pense que la couverture parle d’elle même.

Une magnifique adaptation des Livres de la jungle de Rudyard Kipling par Maxime Rovere, illustrée par Justine Brax.

Je suis honteuse, mais je dois vous avouer que je n’ai jamais lu Rudyard Kipling :( Toujours est-il que j’espère vite y remédier afin de faire la comparaison entre les deux. D’autant plus que dans son avant-propos, Max Rovere nous explique que les livres de la jungle tels qu’on les connait n’existent pas, qu’il s’agit de diverses fables morales où certaines concernent Mowgli sans ordre chronologique. Maxime Rovere a donc rassemblé l’ensemble des textes de façon chronologique et en essayant au maximum de ne pas modifier le texte, afin de nous livrer la vie et les aventures de ce petit d’homme.

Nous voila donc embarqué pour suivre les aventures de Mowgli à travers la jungle et parmi les hommes, où il fera son apprentissage de la vie, fera des connaissances diverses, se comportera de façon héroïque mais aussi fera des bêtises. J’ai vraiment voyagé en suivant le parcours de Mowgli et j’ai particulièrement aimé que chaque histoire/chapitre, se termine par une morale.

Cependant, je dois vous dire que ce qu’il m’a le plus plu dans cet album (en plus de l’histoire), ce sont les illustrations magnifiques de Justine Brax,qui alimentent chaque page de se merveilleux album. Je suis tombée sous le charme (comme Christophe Maé <3) des dessins sublimes de l’illustratrice, tantôt hauts en couleur et en textures et tantôt plus sombres et plus intenses.

En conclusion, ma note

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Un coup de cœur que pour ce magnifique album qu’on lit s’en s’arrêter et que l’on feuillete par la suite pour regarder encore et encore les illustrations. Et surtout un coup de cœur pour Justine Brax et la découverte de son univers.

Petits plus

N’hésitez surtout pas à découvrir les merveilleuses illustrations de Justine Brax ici.

Livre lu dans le cadre de

 Challenges je lis aussi des albums

Esprit d’hiver, Laura Kasischke

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Présentation de l’éditeur

Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d’angoisse inexplicable. Rien n’est plus comme avant. Le blizzard s’est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant…

« Et si c’était elle, le grand écrivain contemporain ? Laura Kasischke, s’impose, livre après livre, comme la plus douée des romancières de sa génération. » François Busnel, Lire

« Douce et inquiétante, experte en malaise phosphorescent et ouaté, de livre en livre, elle a su bâtir un univers sans pareil, suspendu dans la rêverie aveuglante qui précède toujours le drame, ce moment de flottement où la clairvoyance se débat pour se faire entendre. » Marine Landrot, Télérama

L’auteur

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 Laura Kasischke est romancière, poétesse et enseignante et née dans l’État du Michigan. Elle a publié des recueils de poésie, également parus en revues, pour lesquels elle a gagné de nombreux prix littéraires.  Laura Kasischke est aussi romancière. Les Éditions Christian Bourgois ont déjà publié huit de ses romans, dont À suspicious river (1999), La Couronne verte (2008), En un monde parfait (2010) et Les Revenants (2011). Deux d’entre eux, La Vie devant ses yeux, et À suspicious river ont été adaptés au cinéma. (source : Christian Bourgeois éditeur).

 

Le livre

Éditions Christian Bourgeois – Paru le 22/08/13

Format broché – 294 pages

Traduit de l’anglais par Aurélie Tronchet

Illustration de couverture : John Register, The Light in the Mirror , huile sur toile (détail) Courtesy of Modernism Gallery, San Francisco

 

Mon avis

« Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux. »

Telle est la première phrase de ce livre. Dès le début, cette phrase donne le ton : le côté oppressant du livre.

C’est la matin de Noël et comme chaque année, Holly reçoit sa famille et ses amis. Cependant rien ne se passe comme prévu : son mari et elle se réveillent en retard, Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana le temps que son mari aille chercher la famille à l’aéroport. Holly doit vite préparer les repas pour les invités, seulement les souvenirs de l’adoption de Tatiana prennent le dessus. Tatiana qui n’est pas tout à fait comme d’habitude : la gentille Tati semble décider à faire sa crise d’adolescence ce jour là. Plus le temps passe, plus le blizzard s’installe et les uns et les autres se décommandent, et le mari reste bloqué… Holly se retrouve donc seule avec Tatiana. Celle-ci devient de plus en plus étrange et des appels téléphoniques mystérieux surgissent…

Malgré un début long et répétitif, je me suis vite laissé prendre par ce livre et par la plume de l’auteure : petit à petit, elle arrive au fil des pages à créer un climat tendu, oppressant. Holly est une femme fragile, ayant un passé familial triste sur fond de maladie. On comprend à la lecture de ce livre qu’elle a essayé de se reconstruire avec l’adoption de Tatiana, sa petite fille russe aux cheveux noirs de jais. Plus le comportement de Tatiana devient troublant, et plus les flash-back nous livre les détails sur cette adoption, sur les sentiments de Holly et les épreuves qu’elle a enduré. Holly doute beaucoup et se remet beaucoup en question vis-à-vis de sa fille.

Je ne vais pas vous dévoiler les différents éléments que l’auteure utilise pour créer son ambiance, cela gâcherai tout du livre, mais si vous voulez un livre prenant, où on ne peut plus arrêter de tourner les pages et où le matin de noël devient oppressant, je ne peux que vous conseiller ce livre.

La fin m’a vraiment scotché, je ne m’attendais pas du tout à une telle fin, je m’étais fait plusieurs scénarios possibles mais pas celui-ci. Quelques questions restent malgré tout en suspend comme par exemple les appels téléphoniques.  Peut-être est ce tout simplement la folie…

 

 

En conclusion, ma note

 

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Malgré quelques longueurs au début, un huit-clos psychologique efficace où la tension devient palpable plus les pages se tournent.

Petits plus

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Je remercie les matchs de la rentrée littéraire de PriceMinister. N’hésitez pas à aller consulter le blog des matchs de la rentrée littéraire (cliquez sur le logo) pour découvrir les autres livres.