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L’envol du héron, Katharina Hagena

L'envol du héron

Présentation de l’éditeur

L’Envol du héron met en scène une série de personnages liés sans le savoir par un douloureux secret.
Marthe n’a jamais renoncé à retrouver son fils, disparu il y a dix-sept ans tandis qu’il passait l’été dans le bourg de Grund. Ellen ne s’est jamais vraiment remise du départ inopiné de son amant alors qu’elle était enceinte de lui. Andreas, ami d’enfance d’Ellen, est devenu une sorte d’original privé de la parole, qui arpente les rues de Grund à la recherche de papiers et de notes égarés.
Autour de ces trois personnages hantés par la disparition gravitent amis, amants, proches qui, eux aussi, apportent leur lot de souffrances. Le personnage de Heidrun, la mère d’Ellen, plongée dans le sommeil trompeur du coma au terme d’une période de démence sénile, est comme l’image de cet impossible oubli qui sape les existences et interdit de faire son deuil.
Sommeil, disparition, tels sont les fils directeurs de cette histoire qui révèle peu à peu ses dessous, au fil des récits d’Ellen et de Marthe, qui s’entrecroisent sans jamais se rejoindre.
La disparition habite ce roman très atypique, qui s’attache à en explorer toutes les dimensions, toutes les résonances, jusqu’à lui donner une dimension mythique qui l’assimile non plus à la mort, mais à une ultime métamorphose.

L’auteur

Katharina Hagena Katharina Hagena est née en 1967. Spécialiste de l’œuvre de Joyce, elle a enseigné la littérature anglaise et allemande au Trinity College, à Dublin, et à l’université de Hambourg, où elle vit toujours. (source : Le Livre de Poche).

Le livre

Editions Anne Carrière – Paru le 22/08/13

Format broché – 304 pages

Une couverture toute sobre, qui si je n’avais déjà pas lu cet auteur, serait passée à côté sans m’y arrêter.

Mon avis

Voilà un livre que j’attendais avec impatience car j’avais lu il n’y a pas longtemps Le goût des pépins de pommes de cette auteure, lecture qui avait eu du mal à démarrer mais qui s’est révélée être une jolie découverte.

La particularité des livres de Katharina Hagena, c’est que ceux-ci tournent autour de thèmes précis, à savoir ici la disparition et le sommeil. Le souvenir et l’oubli sont également très présents comme dans son premier roman.

L’écriture peu au premier abord être assez déroutante, avec ses longues phrases, ses longues descriptions. C’est un livre qu’il faut prendre le temps de lire (au coin d’un feu par exemple) et de ne pas hésiter à relire certaines phrases. En effet, l’auteure joue avec les mots, notamment avec toutes les significations d’un même mot et certains passages sont magnifiques. J’ai pris un certain plaisir à relire des passages plusieurs fois afin de bien m’imprégner de leur signification.

Deux récits s’entrecroisent : celui de Marthe et celui d’Ellen. Le récit de Marthe nous est livré à travers un journal de chorale qu’elle tenait. Celle-ci notait tout ce qu’il se passait lors des séances de chorale ainsi que ses pensées sur son fils disparu, ses avis sur telle ou telle personne.
Le récit de d’Ellen est quand à lui basé sur ses souvenirs, souvenirs qu’elle ressasse lors d’une nuit où elle n’arrive pas à dormir, ce qui est un comble pour un médecin du sommeil !!!

Les descriptions des paysages de la campagne allemande sont très présentes et l’on se croirait presque au milieu de ces lacs et de ces champs de maïs. Les émotions et les doutes d’Ellen sont également magnifiquement retranscrites que l’on s’imagine aisément  être à la place de celle-ci.

A travers ses deux récits, nous découvrons toute une série de personnages ayant chacun leurs histoires, leurs secrets qui les hantent.
Toutes ces brides de récits vont finir par ce regrouper à travers un dénouement que je n’ai pas vu venir.

En conclusion, ma note

4,5

Des thèmes magnifiquement abordés, une écriture qu’il me tarde de retrouver dans un prochain roman!

 

Quelques citations

P54 : “Je suis invisible, mes cheveux sont gris, mes yeux sont gris, mon visage est gris, mes dents, ma veste, tout est gris. Les femmes de mon âge peuvent se rendre invisibles, nous pouvons presque tout faire. Quand plus personne ne vous désire et ne vous désirera jamais, que vous ne désirerez plus et ne désirerez plus jamais personne, alors vous êtes libre comme un oiseau qui a quitté sa cage, qui se redécouvre oiseau de proie.”

P101 : “Nous sommes faits de l’étoffe des rêves et notre petite existence est “encerclée” de sommeil.”

P119 : “Je m’interdis tout remords : le remords nous sert juste à nous dédouaner pour pouvoir ensuite tranquillement oublier.”

P166 : “Est-ce le cancer, la chimio ou la morphine qui a finit par le tuer, je n’en sais rien. Cancer, crabe, un mot étrange pour désigner cette maladie mais, dans son cas, tout à fait approprié. C’est l’incessante marche à reculons de ses pensées qui l’a rendu malade.”

P167 : “Je pris mon envol. Tout comme Lutz a pris le sien. Il a pris son envol – en français, voler c’est aussi dérober – et m’a dépouillée de tout.”

P169 : ‘”Dans l’épuisement, n’y a-t-il pas aussi la possibilité de puiser, non dans la plénitude mais dans un vide? Peut-être l’insomnie est-elle l’état qui convient à l’homme? Ce qui serait le plus près d’une délivrance.Et moi, je gâche la moitié de ma vie à empêcher les gens d’accéder enfin à eux-mêmes dans l’épuisement. Car, en fin de compte, la nuit au noir visage n’est pas simplement ce qui sépare deux journées. Quant à rêver, je peux le faire aussi dans l’épuisement. Peut-être même que le rêve est le gardien de l’insomnie. C’est à elle que je dois ma lucidité nocturne, il n’y a qu’en plein jour que je suis endormie. Endormie et épuisée.”

P215 : “Si j’avais parlé à Heidrun, je me serais peut-être sentie mieux, mais pourquoi devrait-on se sentir mieux? Se sentir mieux, savoir mieux, être mieux que. De là au surhomme, il n’y a pas loin.”

 

Petits plus

N’hésitez pas à lire également Le goût des pépins de pomme, un livre sur le souvenir et l’oubli, une saga familiale sur 3 générations de femmes.

 

Livre lu dans le cadre: 81568792_p.jpg catégorie Animal

Le goût des pépins de pomme, Katharina Hagena

Le goût des pépins de pomme

Présentation de l’éditeur

À la mort de Bertha, ses trois filles, Inga, Harriet et Christa, et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l’Allemagne, pour la lecture du testament. A sa grande surprise, Iris hérite de la maison et doit décider en quelques jours de ce qu’elle va en faire. Bibliothécaire à Fribourg, elle n’envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais, à mesure qu’elle redécouvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin qui l’entoure, ses souvenirs se réveillent, reconstituant l’histoire émouvante, parfois rocambolesque, mais essentiellement tragique, de trois générations de femmes.
Katharina Hagena nous livre ici un grand roman sur le thème du souvenir et de l’oubli.

L’auteur

Katharina Hagena

Katharina Hagena est née en 1967. Spécialiste de l’œuvre de Joyce, elle a enseigné la littérature anglaise et allemande au Trinity College, à Dublin, et à l’université de Hambourg, où elle vit toujours. (source : Le livre de Poche).

Le livre

Éditions Le livre de poche – Paru le 27/04/11

Format poche – 286 pages

Une couverture toute simple avec des pommes ainsi que les feuilles du pommier, à la manière d’un livre botanique avec la coupe transversale d’une pomme. Comme pour nous signifier que l’on va découvrir l’intérieur de la vie de ces 3 générations de femmes.

Mon avis

J’ai acheté ce livre il y a un moment déjà. Le titre m’avait plu et la quatrième de couverture nous annonçant une saga familiale sur 3 générations de femmes m’ont conquis. Malheureusement, il est tombé un peu dans l’oubli et finalement, je ne l’ai ressorti de ma PAL que le mois dernier.

Je dois dire qu’au tout début je n’ai pas accroché. L’écriture de l’auteure était lourde pour moi : beaucoup de longues phrases, de longues descriptions que j’avais du mal à digérer. De plus j’ai trouvé que l’histoire en elle-même prenait du temps à démarrer, à savoir la saga sur la famille.

Mais finalement, plus j’avançais dans le livre et plus j’avais du mal à le lâcher et plus j’ai été conquise par la plume de l’auteure ! J’ai bien fait de persévérer ! Comme on dit si bien, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis!

Nous suivons donc Iris, la narratrice de l’histoire, entre sa vie de maintenant dans la maison familiale qu’elle vient d’hériter (et dont elle hésite de garder) et ses souvenirs (dans lesquels se trouvent cette fameuse saga familiale).

Le récit s’enchaine entre la vie présente et passée sans transitions (ce qui parfois est assez difficile à suivre). En effet, les souvenirs nous sont contés au fur et à mesure qu’ils arrivent à la mémoire d’Iris : par brides, à la vue d’une simple pièce, d’une simple odeur… Tout nous est détaillé, et j’avais l’impression d’être moi-même Iris en train de revivre tous ses souvenirs. Les descriptions visuelles et olfactives sont très présentes, et j’arrivais à sentir l’odeur de ces fameuses pommes (très présentes dans le livre).

Au fur et à mesure des souvenirs qui nous parviennent, sans ordre chronologique, nous faisons la connaissance de chacune des fameuses femmes de cette famille : Bertha, ses 3 filles Harriet, Inga et Christa ainsi que de leurs propres filles Rosemarie et Iris. Je ne dirai rien sur leurs vies et leurs personnalités, mais sachez qu’elles valent toutes le détour d’être découvertes, sous un fond de tragédie familiale.

Un très bon livre sur le souvenir ainsi que sur l’oubli. J’ai finalement adhéré à l’écriture, une belle écriture (certes parfois assez longue) mais qui nous fait beaucoup réfléchir sur la place du souvenir dans nos vies.

En conclusion, ma note

4,5Un joli livre sur le souvenir, des héroïnes attachantes et une écriture particulière qu’on apprend à aimer au fur et à mesure de la lecture.

Quelques citations

p22 : “J’écrivais encore des lettres à l’époque, je croyais encore à ce qui est écrit, à ce qui est imprimé, à ce qui peut être lu. Cela ne devait pas durer. Entre-temps, j’étais devenue bibliothécaire à l’université de Fribourg, je travaillais avec les livres, j’achetais des livres, il m’arrivait même d’en emprunter. Mais lire? Non. Autrefois, oui, et même plus qu’il n’eût fallu, je lisais tout le temps, au lit, en mangeant, à bicyclette aussi. Fini, terminé. Lire signifie collectionner, et collectionner signifie conserver, et conserver signifie se souvenir, et se souvenir signifie ne pas savoir exactement, et ne pas savoir exactement signifie avoir oublié, et oublier signifie tomber, et tomber doit être rayé du programme. Cela en guise d’explication.”

p88 : “Lorsqu’on perd la mémoire, le temps passa d’abord beaucoup trop vite, ensuite plus du tout. […] Le cerveau s’ensablait comme le lit instable d’une rivière. Cela commençait par s’effriter sur les bords, puis les berges croulaient dans l’eau par pans entiers. La rivière perdait sa forme et son courant, sa raison d’être. Pour finir, cela s’arrêtait de couler, ne faisait plus que clapoter misérablement dans tous les sens. Il se formait dans le cerveau des dépôts blancs qui bloquaient les impulsions électriques, les terminaisons étaient totalement isolées, et à terme échu, la personne également.”

p108 : “Monsieur Lexow avait-il déjà oublié la soirée d’hier? Les gens devenaient-ils oublieux lorsqu’ils avaient quelque chose à oublier? L’oubli ne tenait-il qu’à l’incapacité de retenir les choses? Peut-être que les vieilles gens n’oubliaient rien mais se refusaient simplement à retenir ceci ou cela. A partir d’une certaine quantité de souvenirs, chacun devait finir par en être saturé. L’oubli n’était donc lui-même qu’une forme de souvenir. Si l’on n’oubliait rien, on ne pourrait pas non plus se souvenir de quoi que ce soit. Les souvenirs sont des îles qui flottent dans l’océan de l’oubli. Il y a dans cet océan des courants, des remous, des profondeurs insondables. Il en émerge parfois des bancs de sables qui s’agrègent autour des îles, parfois quelque chose disparaît. Le cerveau a ses marrées. Chez Bertha, les îles avaient été submergées par un raz-de-marée. Sa vie gisait-elle au fond de l’océan?”

p221 : “Quiconque oublie le temps cesse de vieillir. L’oubli triomphe du temps, ennemi de la mémoire. Car le temps, en définitive, ne guérit toutes les blessures qu’en s’alliant à l’oubli.”

 Petits plus

Livre lu dans le cadre: 81568792_p.jpg catégorie Aliment / Boisson

Salem, Stephen King

Présentation de l’éditeur :

 

La paisible petite bourgade était devenue une ville fantôme et personne n’osait parler de ce rire aigu, maléfique, enfantin.

Jerusalem’s Lot n’avait rien de remarquable, sinon, sur la colline, la présence de cette grande demeure inhabitée depuis la mort tragique de ses propriétaires, vingt ans auparavant. Et lorque Ben Mears revient à « Salem », c’est seulement pour retrouver ses souvenirs d’enfance.

Mais, très vite, il devra se rendre à l’évidence : il s’y passe des choses étranges, sinistres. Un chien est immolé, un enfant disparaît et l’horreur s’infiltre, s’étend, se répand, aussi inéluctable que la nuit qui descend sur Salem.


Mon avis :


Salem est le premier Stephen King que je lis, et j’étais très enthousiasme. Cependant, en lisant le prologue (les six premières pages du livre), j’ai eu beaucoup de mal. Je ne comprenais rien et je me suis dit que finalement King n’était pas pour moi. Mais bon, six pages d’un livre, ce n’est rien pour s’en faire une idée, surtout sur un prologue. J’ai donc continué et fort heureusement !

Nous suivons donc Ben Mears, écrivain, qui revient à Jerusalem’s Lot afin d’écrire un roman sur la fameuse « maison hantée » de la ville. C’est un personnage assez mystérieux et torturé, qui a connu un drame dans sa vie qu’il n’arrive pas à oublier. Il est envouté par la fameuse maison « hantée » qu’il n’a pas oublié depuis son enfance.

Mais bien que Ben tienne une grande place dans ce roman, finalement le personnage principal de ce livre est cette petite ville du Maine et ses habitants. On suit certains habitants de la ville, d’autres plus que d’autres, notamment Susan Nortan, une jeune femme assez rebelle pour son époque (les années 70) et qui n’accepte pas les décisions que sa mère essaye de prendre pour elle.

L’arrivée de Ben dans cette petite ville provinciale crée l’événement, mais ce n’est rien comparer aux deux collaborateurs qui s’installent dans la maison « hantée ». Surtout que des événements étranges vont arriver, les uns après les autres, et semer la terreur dans cette petite ville si calme.

Progressivement, Stephen King arrive à créer une atmosphère de terreur, pesante, iréelle. Les scènes sont si bien décrites qu’on arrive à s’imaginer que le mal est dans notre maison ! D’ailleurs, ce mal est un vrai mystère dans ce livre, et ce n’est qu’au milieu du roman qu’il portera un nom, nom qui m’a fort étonné et dont je n’aurai jamais pensé ! Stephen King a su jouer avec nous en nous donnant des fausses pistes !

Je ne peux pas en dire plus, sans vous en dévoiler de trop, il ne vous reste plus qu’à lire Salem, si ce n’est pas déjà fait, afin de savoir quel mystère se cache dans cette ville.

 

Pour finir, une petite citation :

P130 : « Un frisson le parcourut, il regarda l’herbe en plastique d’un vert cru et se demanda pourquoi on croyait bon de mettre ça à chaque enterrement. Ce gazon ressemblait exactement à ce qu’il était : une imitation bon marché de la vie, destinée à cacher à ceux qui vivaient encore les lourdes mottes de terre brune de leur dernière demeure. »

 

Livre lu dans le cadre: et

Présentation de l’éditeur :

La paisible petite bourgade était devenue une ville fantôme et personne n’osait parler de ce rire aigu, maléfique, enfantin.

Jerusalem’s Lot n’avait rien de remarquable, sinon, sur la colline, la présence de cette grande demeure inhabitée depuis la mort tragique de ses propriétaires, vingt ans auparavant. Et lorque Ben Mears revient à « Salem », c’est seulement pour retrouver ses souvenirs d’enfance.

Mais, très vite, il devra se rendre à l’évidence : il s’y passe des choses étranges, sinistres. Un chien est immolé, un enfant disparaît et l’horreur s’infiltre, s’étend, se répand, aussi inéluctable que la nuit qui descend sur Salem.

Mon avis :

Salem est le premier Stephen King que je lis, et j’étais très enthousiasme. Cependant, en lisant le prologue (les six premières pages du livre), j’ai eu beaucoup de mal. Je ne comprenais rien et je me suis dit que finalement King n’était pas pour moi. Mais bon, six pages d’un livre, ce n’est rien pour s’en faire une idée, surtout sur un prologue. J’ai donc continué et fort heureusement !

Nous suivons donc Ben Mears, écrivain, qui revient à Jerusalem’s Lot afin d’écrire un roman sur la fameuse « maison hantée » de la ville. C’est un personnage assez mystérieux et torturé, qui a connu un drame dans sa vie qu’il n’arrive pas à oublier. Il est envouté par la fameuse maison « hantée » qu’il n’a pas oublié depuis son enfance.

Mais bien que Ben tienne une grande place dans ce roman, finalement le personnage principal de ce livre est cette petite ville du Maine et ses habitants. On suit certains habitants de la ville, d’autres plus que d’autres, notamment Susan Nortan, une jeune femme assez rebelle pour son époque (les années 70) et qui n’accepte pas les décisions que sa mère essaye de prendre pour elle.

L’arrivée de Ben dans cette petite ville provinciale crée l’événement, mais ce n’est rien comparer aux deux collaborateurs qui s’installent dans la maison « hantée ». Surtout que des événements étranges vont arriver, les uns après les autres, et semer la terreur dans cette petite ville si calme.

Progressivement, Stephen King arrive à créer une atmosphère de terreur, pesante, iréelle. Les scènes sont si bien décrites qu’on arrive à s’imaginer que le mal est dans notre maison ! D’ailleurs, ce mal est un vrai mystère dans ce livre, et ce n’est qu’au milieu du roman qu’il portera un nom, nom qui m’a fort étonné et dont je n’aurai jamais pensé ! Stephen King a su jouer avec nous en nous donnant des fausses pistes !

Je ne peux pas en dire plus, sans vous en dévoiler de trop, il ne vous reste plus qu’à lire Salem, si ce n’est pas déjà fait, afin de savoir quel mystère se cache dans cette ville.

Une citation pour finir :

P130 : « Un frisson le parcourut, il regarda l’herbe en plastique d’un vert cru et se demanda pourquoi on croyait bon de mettre ça à chaque enterrement. Ce gazon ressemblait exactement à ce qu’il était : une imitation bon marché de la vie, destinée à cacher à ceux qui vivaient encore les lourdes mottes de terre brune de leur dernière demeure. »

Boomerang, Tatiana de Rosnay

 

Présentation de l’éditeur:

 

Sa soeur était sur le point de lui révéler un secret… et c’est l’accident. Elle est grièvement blessée. Seul, l’angoisse au ventre, alors qu’il attend qu’elle sorte du bloc opératoire, Antoine fait le bilan de son existence : sa femme l’a quitté, ses ados lui échappent, son métier l’ennuie et son vieux père le tyrannise. Comment en est-il arrivé là ? Et surtout, quelle terrible confidence sa cadette s’apprêtait-elle à lui faire ? Entre suspense, comédie et émotion, Boomerang brosse le portrait d’un homme bouleversant, qui nous fait rire et nous serre le coeur. Déjà traduit en plusieurs langues, ce roman connaît le même succès international que Elle s’appelait Sarah.

 

Mon avis:

 

J’ai lu beaucoup d’avis positifs sur les livres de Tatiana de Rosnay sans jamais en avoir lu jusque là. Alors quand dans ma librairie j’ai vu Boomerang, avec ce titre intriguant, cette image faisant penser à une vieille photo d’enfance jaunie et la quatrième de couverture plutôt accrocheuse, je me suis dit c’est le moment d’essayer.

 

Nous suivons donc Antoine, la quarantaine, qui essaye de percer le secret que sa soeur Mélanie voulait lui révéler. On peut dire que le personnage d’Antoine est « banal » dans le sens om tout le monde peut s’identifier à lui, ses problèmes sont les mêmes que l’on peut nous même rencontrer.

Seulement voilà je n’ai pas du tout accrocher à son personnage.  Nous suivons le récit de son point de vu puisqu’il est le narrateur, nous avons donc accès à ses doutes, ses sentiments, ses peurs où l’auteur a su trouver les mots justes. Cependant, beaucoup de fois j’ai eu envie de donner un bon coup de pied au derrière d’Antoine pour le faire avancer et prendre les choses en mains.

 

Il y a deux intrigues, qui sont enchâssées l’une dans l’autre: le présent sur la vie d’Antoine, et le passée sur le secret de sa mère, passé qui a une grande place dans le récit avec les nombreux flashback. J’ai particulièrement apprécié cette seconde intrigue où nous avons pu découvrir une famille bourgeoise parisienne avec tout ce que cela comporte: père absent, discipline stricte, sentiments refoulés, bonnes convenances…

 

Tatiana de Rosnay arrive avec des chapitres courts, une écriture simple mais les bons mots, de nous parler de la vie, de la mort, des non-dits et du passé qui revient nous hanter et qui aura des conséquences sur notre présent.

 

Le titre est très bien choisi: Boomerang. En effet, la vie est comme un boomerang, on pense en avoir fini avec le passé, l’avoir jeté, mais celui-ci revient irrémédiablement vers nous.

 

J’ai donc un avis mitigé sur ce livre bien qu’il soit plus positif! J’ai beaucoup aimé l’intrigue et l’écriture de Tatiana de Rosnay, mais je n’ai pas du tout accroché à Antoine et parfois, j’ai trouvé le récit un peu trop répétitif.

 

Pour finir, une petite citation:

p348 : Je sais ce que mes paroles provoquent en elle, comment elles l’atteignent, quelle est leur puissance. Je n’ai jamais prononcé ces phrases, dans cet enchainement précis, et chaque mot qui sort est comme une naissance, quand la fraîcheur de l’air vient frapper le corps nu et fragile de l’être expulsé du ventre de sa mère.

 

Livre lu dans le cadre de : et

Le meurtre de Roger Ackroyd, Agatha Christie

Présentation de l’éditeur :

Cela fait tout juste un an que le mari de Mrs Ferrars est mort. D’une gastrite aigüe. Enfin, c’est ce qu’il semble. Après tout, les symptômes de l’empoisonnement par l’arsenic sont presque les mêmes… Hier, Mrs Ferrars est morte à son tour. Une trop forte dose de véronal. Suicide ? Allons donc ! Elle était encore jeune et très riche… Et puis, aujourd’hui, Mr Ackroyd a été assassiné. Cette fois, le doute n’est pas permis. Mais pourquoi ? Bien sûr, Mrs Ferrars et Mr Ackroyd paraissaient fort bien s’entendre. Surtout depuis la mort du mari. Mais de là à dire… Non, ce n’est pas possible… En tout cas, ce n’est pas si simple…

Mon avis :

Quel plaisir que de lire les romans d’Agatha Christie. Une lecture agréable et reposante, idéale pour ce changer les idées.

Nous voici plongé dans un petit village de la campagne anglaise victorienne, où un meurtre vient perturber l’équilibre de cette communauté paisible.

L’histoire nous est contée par le Docteur Sheppard, ami du malheureux Roger Ackroyd.  Il sera l’allié de notre célèbre détective Hercule Poirot pour résoudre cette affaire, détective qui était normalement en retraite pour cultiver des courges dans ce petit village !

J’ai d’ailleurs beaucoup aimé le personnage de Caroline, la sœur du Dr Sheppard. Une vieille fille qui ne résiste pas à répandre des commérages et d’apprendre aussi tous les potins du village. Les flatteries de Poirot ne feront qu’encourager sa curiosité !

Beaucoup de personnages, aussi différents les uns que les autres, seront suspects dans cette enquête : famille de la victime, domestiques, secrétaires, amis… mai squi a bien pu tuer ce cher Roger ? Tous les indices convergent vers son fils adoptif, qui disparait après le meurtre. Mais est-ce vraiment le coupable comme le pense la police locale ? Les petites cellules grises de notre Hercule Poirot ne l’entendent pas de cet avis, et dès lors commence une enquête qui nous laisse de plus en plus perplexe. Où veut en venir Poirot ? Pourquoi tant de cachoteries de sa part, tant de phrases laissées en suspend ?

Il est difficile de vous en dire plus, sans en dévoiler l’intrigue, d’ailleurs, l’intrigue est dévoilée vraiment à la fin du livre et nous laisse sans voix. Car je dois l’avouer, je n’ai refermé ce livre hier soir qu’à 2h du matin afin de découvrir le fin mot de cette histoire. Et malgré les yeux rougis, j’ai reposé ce livre avec une grande satisfaction, un sourire aux lèvres en me disant, mais « quelle reine du crime cette Agatha ! »

 

Premier livre lu dans le cadre

Premier livre lu dans le cadre